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LXIII
 



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Comme j’aimerais être ce sombre marécage,
libre de cela d’hier, quel soulagement, sombre marécage,
laisser courir le temps. Le plus sombre marécage!

Comme j’aimerais n’être jamais né,
libre de cela d’hier, n’être jamais né,
laisser courir le temps, n’être jamais né.

Comme j’aimerais pouvoir mourir maintenant,
libre de cela d’hier, pouvoir mourir maintenant,
laisser courir le temps, pouvoir mourir maintenant.

Comme j’aimerais rouler dans le vide,
libre de cela d’hier, rouler dans le vide,
laisser courir le temps, rouler dans le vide.

Comme j’aimerais être le zéro de la poussière,
libre de cela d’hier, être le zéro de la poussière,
laisser courir le temps, être le zéro de la poussière.

Pour ne pas me réfléchir, pour ne jamais revenir,
mon Dieu, je croirais en Toi pour ne pas être.
Réfléchis-moi dans ton néant, ne me fais jamais revenir.
Mon Dieu, je croirais pour ne jamais croire!

Comme j’aimerais être ce sombre marécage,
seul sous la pluie,
comme j’aimerais être ce sombre marécage,
seul sous la pluie!

On dit que la mort était la cause de la vie,
et la vie – la vie?– la cause de la mort.
Mais, maintenant, ma mort est la cause de ma vie.

Et moi: fourgon sevrage – scintillement– de la mort.
Me répudies-tu, ovaire, par déshonnête sevrage?
Tu m’as traîné vers l’exode si candidement,

que ta candeur me fait mal – cri injurieux–,
que tes lianes me font mal –dignes ongles brillances– :
comme j’aimerais ne jamais être né,

comme j’aimerais être ce sombre marécage,
libre de cela d’hier, quel soulagement, sombre marécage,
laisser courir le temps. Le plus sombre marécage!

Comme j’aimerais rouler dans le vide:
la plus sombre marécage seul sous la pluie.
Comme j’aimerais T’oublier, mon Dieu.
Réfléchis-moi dans ton néant. Ne me fais jamais revenir
!


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