{"id":217,"date":"2015-02-11T01:14:14","date_gmt":"2015-02-11T09:14:14","guid":{"rendered":"http:\/\/dff-monolith.com\/?page_id=217"},"modified":"2015-07-21T15:37:45","modified_gmt":"2015-07-21T23:37:45","slug":"interview04-poem-score","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/interviews\/interview04-poem-score\/","title":{"rendered":"&laquo; Chaque po&egrave;me, pour moi, a sa partition. &raquo;"},"content":{"rendered":"<p class=\"centered-quote\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/elmercblk.gif\" alt=\"\" width=\"175\" height=\"22\"><br \/>\r\n  <strong>Review of Books<\/strong><br \/>\r\n  July 2, 2002<\/p>\r\n<h1>&laquo; Chaque po&egrave;me, pour moi, a sa partition. &raquo;<\/h1>\r\n<h2>par Beatriz Berger<\/h2>\r\n<p style=\"text-align:center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/bar_rust.jpg\" alt=\"alt\" width=\"400\" height=\"2\"><\/p>\r\n<p>David Rosenmann-Taub, un g&eacute;nie ? C&rsquo;est ce que confirme, du moins, l&rsquo;histoire de cet enfant de parents polonais, n&eacute; &agrave; Santiago du Chili en 1927. Il apprend &agrave; lire &agrave; un an et demi et &eacute;crit &agrave; trois ans ses premiers po&egrave;mes. Alors que son p&egrave;re, polyglotte et lecteur critique, l&rsquo;introduit dans le domaine litt&eacute;raire, sa m&egrave;re, pianiste, lui apprend &agrave; jouer de cet instrument lorsqu&rsquo;il n&rsquo;a que deux ans. A neuf ans, il prend en charge son premier &eacute;l&egrave;ve.<\/p>\r\n<p>&laquo; Le piano et l&rsquo;&eacute;criture &ndash; affirme maintenant Rosenmann-Taub &ndash; font partie de moi, au m&ecirc;me titre que mon corps. Mes parents ont prot&eacute;g&eacute; ce qui &eacute;tait naturel en moi. Ils ne m&rsquo;ont pas &eacute;tabli une voie d&eacute;termin&eacute;e : &lsquo;Tu dois faire cela&rsquo;. Non. Justement, ils voulaient favoriser ce que j&rsquo;aimais. Mon p&egrave;re aurait pu consid&eacute;rer que je faisais quelque chose de moindre importance, lorsqu&rsquo;un matin, tr&egrave;s t&ocirc;t, il m&rsquo;a surpris en train d&rsquo;&eacute;crire des vers, mais il m&rsquo;a dit : &lsquo;Tu peux ne pas aller &agrave; l&rsquo;&eacute;cole si tu veux &eacute;crire&rsquo;. Et mes parents n&rsquo;ont jamais interf&eacute;r&eacute; avec mes jeux. Ma m&egrave;re affirmait: &lsquo;Jouer, pour un enfant, c&rsquo;est un travail&rsquo;. Lorsqu&rsquo;une personne a des capacit&eacute;s pour quelque chose et a la possibilit&eacute; de les d&eacute;velopper, est-il un g&eacute;nie ? Dans ce monde, il est difficile de vivre selon ce pour quoi nous sommes faits. Tout comme un pommier ne peut &eacute;viter de produire des pommes, je n&rsquo;ai pas pu &eacute;viter de parfaire mes facult&eacute;s de pens&eacute;e.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Et vous avez commenc&eacute; &agrave; &eacute;crire avant d&rsquo;apprendre &agrave; &eacute;crire.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Je dictais &agrave; ma m&egrave;re mes id&eacute;es; tr&egrave;s vite j&rsquo;ai pu le faire tout seul. J&rsquo;ai toujours &eacute;crit. L&rsquo;amour pour les lettres, je l&rsquo;expliquerais comme un mariage. Je suis mari&eacute; avec les lettres. J&rsquo;aime ma femme, et je suis fou d&rsquo;elle. C&rsquo;est un bon mariage, parce que ma femme est folle de moi aussi. L&rsquo;influence de mes parents a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s forte. Du point de vue intellectuel, dans tout ce que j&rsquo;ai lu, j&rsquo;ai trouv&eacute; une distance astronomique entre la pens&eacute;e de ma m&egrave;re et celle des romanciers ou celle des philosophes. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Ainsi, la musique et la litt&eacute;rature s&rsquo;unissent au corps et &agrave; l&rsquo;&acirc;me du po&egrave;te:<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&acirc;ge de quatorze ou quinze ans, on aurait pu les qualifier de &lsquo;passions&rsquo;. Apr&egrave;s? Mon monde cr&eacute;atif est ma respiration. Pedro Humberto Allende, mon professeur de composition musicale, m&rsquo;a dit &lsquo;Vous allez vous consacrer uniquement &agrave; la composition musicale&rsquo;. Je lui ai r&eacute;pondu : &lsquo;J&rsquo;&eacute;tudie la composition musicale pour la po&eacute;sie, et la composition po&eacute;tique pour la musique&rsquo;. D&rsquo;un air sceptique il m&rsquo;a dit: &lsquo;Vous plaisantez?&rsquo; Il ne s&rsquo;agissait pas de choisir une chose &agrave; la place d&rsquo;une autre. Ma po&eacute;sie et ma musique sont deux amies qui s&rsquo;aident beaucoup. J&rsquo;&eacute;cris en musique, j&rsquo;&eacute;cris en espagnol. Lorsque j&rsquo;ai &eacute;tudi&eacute; d&rsquo;autres langues, je l&rsquo;ai fait pour approfondir mon langage musical et mon langage po&eacute;tique. Je ne peux pas nier qu&rsquo;entre dix et douze ans la musique de Schumann a influ&eacute; beaucoup sur moi. Ecouter ma m&egrave;re jouer les &lsquo;Etudes symphoniques&rsquo; et le &lsquo;Carnaval&rsquo; a affect&eacute; ma vie. Cela m&rsquo;a habitu&eacute; &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que ce j&rsquo;aime le plus va dispara&icirc;tre. Une de mes compositions pour piano s&rsquo;intitule &lsquo;Mourir pour na&icirc;tre&rsquo;. C&rsquo;est une exp&eacute;rience quotidienne: pour na&icirc;tre le mardi, vous devez mourir le lundi. Nous portons tous le cadavre de notre pass&eacute;. &Ecirc;tre demain m&rsquo;exige de mourir aujourd&rsquo;hui. &raquo;<\/p>\r\n<p>Vous avez un esprit investigateur ; lorsque vous faites des &eacute;tudes hispaniques &agrave; l&rsquo;Institut P&eacute;dagogique de l&rsquo;Universit&eacute; du Chili &ndash; vous recevez votre dipl&ocirc;me en 1948 &ndash; vous assistez &eacute;galement &agrave; des cours d&rsquo;astronomie, d&rsquo;anglais, de fran&ccedil;ais, de portugais, d&rsquo;esth&eacute;tique et d&rsquo;art. Plus tard, sur les conseils d&rsquo;un ami d&rsquo;Einstein, vous avez &eacute;tudi&eacute; la physique :<\/p>\r\n<p>&laquo; Tout cela m&rsquo;a &eacute;t&eacute; d&rsquo;une grande utilit&eacute;, et, bien s&ucirc;r, la physique aussi. Sa connaissance est in&eacute;vitable. M&ecirc;me si l&rsquo;information dont elle dispose est tr&egrave;s primitive jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent. De plus, le monde physique se r&eacute;p&egrave;te dans le monde psychique. Il n&rsquo;y a pas en fait le monde externe et le monde interne. De nombreux aspects de la physique sont essentiels pour comprendre la psychologie. J&rsquo;ai &eacute;galement assist&eacute; &agrave; des cours d&rsquo;anatomie et de botanique. Je ne parle pas de ce que je ne connais pas. &raquo;<\/p>\r\n<p>En 1976 il re&ccedil;oit une bourse de l&rsquo;Oriental Studies Foundation pour &eacute;crire <em>Bracelet d&rsquo;Europe (Ajorca de Europa)<\/em> et pour donner des conf&eacute;rences &agrave; New York. Parmi les diff&eacute;rentes activit&eacute;s de sa vie, il cultive l&rsquo;amiti&eacute;. Il dit &agrave; propos d&rsquo;Alberto Rubio et d&rsquo;Armando Uribe qu&rsquo;ils sont des &lsquo;po&egrave;tes tr&egrave;s dou&eacute;s, des amis au caract&egrave;re propre, et fid&egrave;les&rsquo;. Il pr&eacute;cise qu&rsquo;il y a des &eacute;crivains avec lesquels il a &eacute;t&eacute; bri&egrave;vement en contact, mais qui ont beaucoup compt&eacute; pour lui &lsquo;de par leur bonne volont&eacute;, leur absence d&rsquo;envie, et leur d&eacute;sir d&rsquo;aider&rsquo;. Il mentionne Antonio Undurraga, Luis Merino Reyes, Joaqu&iacute;n Ortega Folch, Luis S&aacute;nchez Latorre, Augusto Iglesias... &laquo; Au Chili, comme partout &ndash; ajoute-t-il &ndash;, il y avait des individus qui avaient la pr&eacute;tention d&rsquo;occuper tous les lieux, et qui agissaient comme des vedettes agressives. Heureusement, il existait un groupe, pas tr&egrave;s nombreux, d&rsquo;intellectuels curieux et g&eacute;n&eacute;reux : Hern&aacute;n D&iacute;az Arrieta (Alone), Mariano Latorre, Ricardo A. Latcham, Julio Arriagada, Enrique Molina, Samir Nazal. Humainement, c&rsquo;&eacute;taient des tr&eacute;sors&rsquo;.<\/p>\r\n<p>A partir de 1985, il s&rsquo;installe aux Etats-Unis, et se consacre &agrave; ses activit&eacute;s artistiques et &agrave; donner des cours de litt&eacute;rature, de musique et d&rsquo;art. De plus, il enregistre ses compositions pour piano, il rassemble ses dessins et il &eacute;crit. Depuis l&rsquo;ann&eacute;e 2000, CORDA, une fondation &agrave; but non lucratif, sauvegarde et diffuse son travail. &laquo; La pr&eacute;servation de mon &oelig;uvre m&rsquo;offre la paix &raquo;, reconna&icirc;t-il.<\/p>\r\n<p>Il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; facile, cependant, de d&eacute;couvrir l&rsquo;endroit o&ugrave; se trouve David Rosenmann-Taub, consid&eacute;r&eacute;, par Alone, comme &laquo; un pr&eacute;curseur, capable de secouer la routine de vingt ou trente ans de po&eacute;sie &raquo;. Une recherche presque digne d&rsquo;un d&eacute;tective, nous a men&eacute;s d&rsquo;une piste &agrave; l&rsquo;autre, jusqu&rsquo;&agrave; ce que finalement, le po&egrave;te d&eacute;cide de rompre, son long, son tr&egrave;s long silence.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Qu&rsquo;est-ce qui vous a conduit &agrave; devenir, dans notre milieu, un marginal &agrave; l&rsquo; &laquo; identit&eacute; voil&eacute;e &raquo;, comme disait Juan Luis Mart&iacute;nez?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Une des choses dont je suis reconnaissant envers mocn pays, c&rsquo;est que j&rsquo;y ai trouv&eacute; beaucoup de difficult&eacute;s pour publier. Chez un artiste qui veut l&rsquo;&ecirc;tre honn&ecirc;tement, sans se trahir, qui ne veut pas &ecirc;tre un judas &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de lui-m&ecirc;me, le fait de ne pas trouver de r&eacute;ponse est tr&egrave;s favorable. Il y a un accord avec moi-m&ecirc;me d&egrave;s le d&eacute;but : je n&rsquo;ai jamais &eacute;crit pour aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ai &eacute;crit et j&rsquo;&eacute;cris pour hier et pour demain, en pensant &agrave; nourrir ceux qui sont partis et ceux qui viendront. Le pr&eacute;sent est le lieu o&ugrave; je m&rsquo;installe pour &eacute;crire en direction du pass&eacute; et du futur. Du point de vue de la pens&eacute;e, le pr&eacute;sent est le temps le moins r&eacute;el. Du point de vue de l&rsquo;inspiration, oui, c&rsquo;est le seul facteur qui me meut : je suis vivant. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Inspiration derri&egrave;re laquelle il y a un travail ardu. Comment d&eacute;veloppez-vous votre travail?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Ecrire et &eacute;crire. Lorsque je prends le crayon, il y a d&eacute;j&agrave; eu beaucoup de brouillons dans ma t&ecirc;te. Je ne respecte pas l&rsquo;improvisation : je ne la sens pas mienne. Une &oelig;uvre artistique, pour &ecirc;tre aboutie, doit para&icirc;tre l&rsquo;effet spontan&eacute; d&rsquo;une cause spontan&eacute;e, m&ecirc;me si elle est la cons&eacute;quence d&rsquo;un processus naturel complexe. Par exemple, les tr&egrave;s &eacute;labor&eacute;s \"Impromptus\" de Schubert ou les tableaux de Vermeer, qui semblent cr&eacute;&eacute;s sans effort. C&rsquo;est ce que j&rsquo;appelle l&rsquo;art. Un crayon bien taill&eacute;, une bonne gomme tout pr&egrave;s et beaucoup de papier m&rsquo;ouvrent l&rsquo;app&eacute;tit et m&rsquo;acc&eacute;l&egrave;rent. La s&eacute;duction de la feuille blanche, pour l&rsquo;embrasser et l&rsquo;embraser, &agrave; travers l&rsquo;acte d&rsquo;&eacute;crire. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Dans cet acte d&rsquo;&eacute;criture, y a-t-il quelques auteurs que vous consid&eacute;rez indispensables?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; La vie imm&eacute;diate est tellement forte pour moi qu&rsquo;elle &eacute;teint les autres r&eacute;sonnances. Comment pourrait m&rsquo;affecter toute la culture face au fait de marcher, un jour, une heure, dans une rue ? L&rsquo;&eacute;tude, la recherche, le perfectionnement sont des choses compl&egrave;tement diff&eacute;rentes &agrave; l&rsquo;acte de cr&eacute;ation en soi. Le seul auteur qui m&rsquo;est alors indispensable, c&rsquo;est moi. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Mais je crois savoir que la po&eacute;sie de San Juan de la Cruz et de Juana In&eacute;s de la Cruz a &eacute;t&eacute; fondamentale pour vous.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Ils ont &eacute;t&eacute; fondamentaux pour l&rsquo;histoire de la po&eacute;sie, pas pour moi. Chez Juan de la Cruz j&rsquo;observe la m&ecirc;me chose que chez Teresa de Avila: un esprit hallucin&eacute;, d&rsquo;une intelligence souveraine, au del&agrave; de la vie sur la plan&egrave;te. Juana In&eacute;s de la Cruz a r&eacute;alis&eacute; dans &lsquo;Primero sue&ntilde;o&rsquo;, une imitation des &lsquo;Soledades&rsquo; de G&oacute;ngora: ce qui chez G&oacute;ngora ob&eacute;it &agrave; des fins plastiques, chez elle ob&eacute;it &agrave; des fins conceptuelles. Plus qu&rsquo;une po&eacute;tesse, plus qu&rsquo;une femme, elle est une force qui embellit toute chose. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>De la m&ecirc;me mani&egrave;re que le musique est incorpor&eacute;e dans vos vers, la po&eacute;sie influe-t-elle sur vos compostions musicales?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Il y a des &eacute;l&eacute;ments de la musique, de la peinture, de la litt&eacute;rature, de la sculpture, de l&rsquo;architecture, de la photographie, qui m&rsquo;&eacute;meuvent. La litt&eacute;rature et la peinture m&rsquo;aident &agrave; &eacute;claircir davantage ma pens&eacute;e musicale. La litt&eacute;rature m&rsquo;a aid&eacute; aussi dans le dessin: <em>Historia de las Indias<\/em> de Bartolom&eacute; de Las Casas et <em>Les &acirc;mes mortes<\/em> de Gogol ont &eacute;veill&eacute; des images en moi. Certaines de mes &oelig;uvres musicales ont un lien avec Thackeray et Tolsto&iuml;, dans l&rsquo;aspect formel (pas dans l&rsquo;aspect conceptuel) : j&rsquo;ai voulu, comme dans <em>Vanity Fair<\/em> et <em>Ana Karenina,<\/em> qu&rsquo;une seule voix soit distribu&eacute;e en plusieurs voix. Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent j&rsquo;ai enregistr&eacute; environ cent CDs de mes &oelig;uvres pour piano. Ma r&eacute;action face &agrave; la non-civilisation, &agrave; l&rsquo;&eacute;go&iuml;sme qui pr&eacute;domine dans la conduite humaine, ma protestation, mon indignation, ma r&eacute;pulsion ne s&rsquo;expriment pas chez moi avec des mots; ils apparaissent en revanche dans certains de mes motifs musicaux. Quand je me plains du monde historique, cela appara&icirc;t dans quelques unes de mes compositions. Dans ma po&eacute;sie, cela n&rsquo;arrive qu&rsquo;en de rares occasions. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Quelle est la place du silence dans votre &oelig;uvre, en tant que partie int&eacute;grante de la musique?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Le silence est fondamental en po&eacute;sie. La sonorit&eacute; du silence. Sinon le vers n&rsquo;a pas lieu. Ne pas avoir conscience de ce silence, qui implique une c&eacute;sure, ou un passage au vers suivant, d&rsquo;une strophe &agrave; l&rsquo;autre, m&rsquo;a montr&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; quel point ce qu&rsquo;on &eacute;crit dans une apparente forme po&eacute;tique n&rsquo;est pas de la po&eacute;sie. Et le silence a une valeur fondamentale en musique. Pas moindre que celle du son. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Des motifs de son et de rythme, vous conduisent peut-&ecirc;tre &agrave; inventer des mots, &agrave; en fusionner certains ou &agrave; en accentuer d&rsquo;autres o&ugrave; cela ne correspond pas aux codes grammaticaux.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Non il ne s&rsquo;agit pas de cela, mais de ce qui est n&eacute;cessaire pour dire, et &eacute;tablir que l&rsquo;usage du mot n&rsquo;est pas conventionnel, ce qui n&rsquo;est qu&rsquo;un seul aspect du mot dans le langage po&eacute;tique. C&rsquo;est le grave probl&egrave;me de la litt&eacute;rature, particuli&egrave;rement de la po&eacute;sie: la langue conventionnelle tend &agrave; devenir une dictature et &agrave; s&rsquo;imposer comme la seule langue unique. Les auteurs d&rsquo;autres &eacute;poques s&rsquo;en sortent mieux, parce qu&rsquo;ils ne d&eacute;pendent pas de la langue du moment. &raquo;<br><\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Unamuno disait que pour apprendre &agrave; &eacute;crire il fallait oublier la grammaire.<\/strong><\/p>\r\n<p>Ce qu&rsquo;Unamuno veut dire, c&rsquo;est qu&rsquo;il faut oublier les pr&eacute;jug&eacute;s: &ecirc;tre libre. Les grammaires sont a posteriori, non pas a priori. Mais il y a une tendance chez l&rsquo;&ecirc;tre humain &agrave; recevoir, sans discrimination, des ordres. La grammaire repr&eacute;sente ce qui se fait majoritairement. La langue est logique et ne l&rsquo;est pas. Si je suis artiste, la langue que je re&ccedil;ois est seulement un aspect infime de ce dont j&rsquo;ai besoin: je dois cr&eacute;er ma propre langue : je ne peux m&rsquo;exprimer avec les mots d&rsquo;un autre, parce qu&rsquo;ainsi je mens et je me mens. C&rsquo;est une exigence indispensable. Il faut apprendre tout ce qui sert &agrave; satisfaire cette exigence. Et apprendre des choses qui sont inutiles conf&egrave;re une grande sagesse: celle de reconna&icirc;tre ce qui est inutile. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>En vous &eacute;coutant r&eacute;citer votre po&eacute;sie, on est frapp&eacute; par l&rsquo;importance qu&rsquo;acqui&egrave;rent les voyelles.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Un po&egrave;me est un ph&eacute;nom&egrave;ne graphique, mental et sonore. D&rsquo;une certaine mani&egrave;re, un vrai po&egrave;me est une partition. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on qu&rsquo;on peut lire un texte de Chopin ou de Sch&ouml;nberg. Chaque po&egrave;me, pour moi, a sa partition. Dans Quinze (Quince), un livre que j&rsquo;esp&egrave;re publier bient&ocirc;t, je fais des commentaires sur certains de mes po&egrave;mes, et j&rsquo;inclus leurs partitions. Si le lecteur ne lit pas correctement, comment va-t-il comprendre ? &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Il para&icirc;trait que vous conf&eacute;rez une plus grande importance au son qu&rsquo;au contenu dans vos vers.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Tout est pour le contenu. S&rsquo;il n&rsquo;y a pas de contenu: rien. Comment la forme ou la sonorit&eacute; aurait-elle plus d&rsquo;importance que le contenu ? Le corps a-t-il peut-&ecirc;tre plus d&rsquo;importance que l&rsquo;&acirc;me ? S&eacute;parer la forme et le fond est une th&eacute;orie pseudo-didactique.&raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>&laquo; Le serpent flambe, d&eacute;fie\/ la lucarne, s&rsquo;enroule, elle me siffle, \/ parce que j&rsquo;ai v&eacute;cu la vie, pas ma vie. &raquo; (&laquo;La serpiente llamea, desaf&iacute;a\/ la claraboya, enr&oacute;scase, me silba, \/ porque viv&iacute; la vida, no mi vida.&raquo;), &eacute;crivez-vous dans <em>Les Sillons Innond&eacute;s (Los Surcos Inundados)<\/em>, 1951. Pensez-vous avoir trouv&eacute; votre propre voix? &raquo;<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; C&rsquo;est ma voix qui m&rsquo;a trouv&eacute;. Dans votre remarque, il y a le danger de ne pas vivre sa vie personnelle, de vivre une vie selon les circonstances, comme une sorte de mode qui aurait de l&rsquo;importance. Na&icirc;tre en Chine, au si&egrave;cle pass&eacute; ou il y a deux mille ans, ou na&icirc;tre dans deux mille ans en Am&eacute;rique du Sud ou en Afrique, ne doit pas alt&eacute;rer qui je suis. Les circonstances sont une chose, l&rsquo;individu, une autre. Cette c&eacute;l&egrave;bre phrase d&rsquo;Ortega y Gasset, &lsquo;l&rsquo;homme et sa circonstance&rsquo;, peut &ecirc;tre une merveilleuse justification pour dire que personne ne vit sa vie, mais qu&rsquo;on vit la vie de l&rsquo;environnement. C&rsquo;est peut-&ecirc;tre ce qui est arriv&eacute; &agrave; Ortega y Gasset. Pas &agrave; moi. M&ecirc;me si la circonstance est tr&egrave;s grave, on doit &ecirc;tre soi-m&ecirc;me. Au moins, dans son auto-dialogue. C&rsquo;est vrai que la langue espagnole, c&rsquo;est quelque chose que j&rsquo;ai re&ccedil;ue. Nous recevons tout. On m&rsquo;a donn&eacute; le tissu, mais le costume c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai r&eacute;alis&eacute;, et je continue &agrave; le r&eacute;aliser. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Dans toute votre po&eacute;sie, on remarque que la pr&eacute;sence de Dieu est importante:<\/p>\r\n<p>&laquo; J&rsquo;&eacute;tais Dieu et je marchais sans le savoir. \/ Tu &eacute;tais, &Ocirc; toi, mon verger, Dieu et je t&rsquo;aimais &raquo;. (&laquo; Era yo Dios y caminaba sin saberlo.\/ Eras oh t&uacute;, mi huerto, Dios y yo te amaba&raquo;). Quelle est votre relation au divin?&raquo;<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Pour moi, le terme de Dieu est terrestre. Dieu est terrestre. Ce que j&rsquo;appelle le divin c&rsquo;est l&rsquo;expression terrestre absolue. Cela n&rsquo;a rien &agrave; voir avec le concept de religion, o&ugrave; je ne trouve aucune divine divinit&eacute;. Le po&egrave;me que vous mentionnez a &eacute;t&eacute; &eacute;crit quand j&rsquo;avais douze ans. Je l&rsquo;ai r&eacute;&eacute;crit &agrave; Buenos Aires, apr&egrave;s avoir perdu ma famille. Et je l&rsquo;ai &eacute;crit tr&egrave;s peu diff&eacute;remment du texte original. Ce qui me satisfait, ce qui me donne de la tranquillit&eacute;, ce qui me procure de la joie, sans me demander une compensation en &eacute;change, je l&rsquo;appelle Dieu. C&rsquo;est pour cela que je dis : &laquo;J&rsquo;&eacute;tais Dieu et je marchais sans le savoir &raquo; (&laquo;Era yo Dios y caminaba sin saberlo&raquo;). Cette tranquillit&eacute;, cette satisfaction c&rsquo;&eacute;tait Dieu. J&rsquo;&eacute;tais le verger. Croyant aimer les choses, c&rsquo;&eacute;tait moi en fait que j&rsquo;aimais. Parce que si j&rsquo;aime quelqu&rsquo;un, ce que j&rsquo;aime c&rsquo;est l&rsquo;image que j&rsquo;ai de l&rsquo;autre. Je formulerais votre question de la fa&ccedil;on suivante: &laquo; Quelle est votre relation avec vous-m&ecirc;me ? &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Pourquoi, si vous avez &eacute;crit environ quarante livres, n&rsquo;en avez vous publi&eacute; que dix?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; La po&eacute;sie n&rsquo;est pas la m&ecirc;me chose que le roman policier. On publie, g&eacute;n&eacute;ralement, non pas selon la qualit&eacute; de l&rsquo;&oelig;uvre, mais selon la dimension &lsquo;vendable&rsquo;. Il y a des &eacute;diteurs qui vivent de &ccedil;a : ils ach&egrave;tent le produit qu&rsquo;ils peuvent vendre. De leur point de vue, c&rsquo;est raisonnable. Il existe aussi, l&rsquo;&eacute;diteur plus ouvert, qui souhaite ou qui a besoin de faire des affaires, mais qui, ayant un sens artistique qui ne rompt pas avec l&rsquo;&eacute;thique, veut aussi donner une direction transcendante &agrave; son activit&eacute;. Arturo Soria, le propri&eacute;taire de la maison d&rsquo;&eacute;dition Cruz del Sur, s&rsquo;est empress&eacute; de me publier, et il m&rsquo;a dit : &lsquo;Lorsque je partirai, qui va publier vos livres ?&rsquo; Il n&rsquo;a pas eu le temps d&rsquo;&eacute;diter le deuxi&egrave;me tome de Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio), ni Pays au del&agrave; (Pa&iacute;s m&aacute;s all&aacute;), qui sont encore in&eacute;dits. Pour en faire la publicit&eacute;, Cruz del Sur a &eacute;dit&eacute; un disque dans sa collection &lsquo;El Archivo de la Palabra&rsquo;, dans lequel j&rsquo;ai enregistr&eacute; des po&egrave;mes de ces livres. Avec les maisons d&rsquo;&eacute;dition de mon pays, j&rsquo;aurais d&ucirc; payer pour publier. Durant de longues ann&eacute;es, j&rsquo;ai eu beaucoup de responsabilit&eacute;s financi&egrave;res envers ma famille. Je ne pouvais pas m&rsquo;offrir ce luxe-l&agrave;. Ensuite je me suis consacr&eacute; exclusivement &agrave; mon travail artistique. La publication au Chili d&rsquo;Apog&eacute;e (Auge) et de la troisi&egrave;me &eacute;dition du premier tome de <em>Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio)<\/em> (qui compte quatre tomes) m&rsquo;indique que l&rsquo;esprit d&rsquo;Arturo Soria se prolonge dans cette initiative de LOM &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Le livre qui sera r&eacute;&eacute;dit&eacute; au Chili est le premier que vous avez publi&eacute;, mais ce n&rsquo;est pas le premier que vous avez &eacute;crit, n&rsquo;est-ce pas?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; M&ecirc;me si dans <em>Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio)<\/em> il y a quelques po&egrave;mes que j&rsquo;ai &eacute;crits &agrave; neuf ou dix ans, mon premier livre (encore in&eacute;dit) s&rsquo;&rsquo;intitule <em>Premier Opus (Opus Uno)<\/em> et il contient les po&egrave;mes de mon enfance. Ces po&egrave;mes se trouvaient dans l&rsquo;&eacute;norme quantit&eacute; de manuscrits qui m&rsquo;ont &eacute;t&eacute; vol&eacute;s. J&rsquo;en ai retrouv&eacute; quelques uns et j&rsquo;ai pu me souvenir de certains autres. Premier Opus s&rsquo;ach&egrave;ve avec<em>L&rsquo;Adolescent (El Adolescente)<\/em>, que j&rsquo;ai &eacute;crit &agrave; quatorze ans, et duquel, il y a plusieurs ann&eacute;es, j&rsquo;ai fait une nouvelle version. J&rsquo;ai remis une des premi&egrave;res versions &agrave; Antonio Undurraga, qui l&rsquo;a publi&eacute;, pour me faire une surprise, dans le premier num&eacute;ro de sa revue Caballo de Fuego.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>A quoi est d&ucirc; le fait, selon vous, que Cort&egrave;ge et Epinicie (1949) ait r&eacute;sist&eacute; au passage du temps?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Ce qui m&rsquo;a conduit &agrave; &eacute;crire &agrave; nouveau, en 1978, le premier tome de Cort&egrave;ge et Epinicie, &agrave; Buenos Aires, apr&egrave;s la mort de mes parents, c&rsquo;&eacute;tait le d&eacute;sir d&rsquo;&ecirc;tre avec eux. Lorsque je l&rsquo;ai &eacute;crit &agrave; l&rsquo;origine, je savais qu&rsquo;il y avait des blancs que je n&rsquo;&eacute;tais pas capable alors de remplir. Plus tard, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; capable de les remplir. Sans avoir la premi&egrave;re &eacute;dition du livre avec moi, je l&rsquo;ai &eacute;crit &agrave; nouveau. Et je n&rsquo;ai pas regard&eacute; la premi&egrave;re &eacute;dition, jusqu&rsquo;&agrave; la publication de la deuxi&egrave;me: une mani&egrave;re de confirmer la v&eacute;ritable force du livre. L&rsquo;&eacute;dition de Cort&egrave;ge et Epinicie, que LOM va publier, contient de petites alt&eacute;rations. Le temps ne passe pas en vain. Au moins &ccedil;a c&rsquo;est favorable.<br \/>\r\n  Je ne parle pas de corriger. Ce n&rsquo;est pas corriger. C&rsquo;est s&rsquo;approcher de plus en plus de la version r&eacute;elle. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Selon vous, quelle est l&rsquo;&eacute;volution depuis vos premiers po&egrave;mes jusqu&rsquo;&agrave; ceux que vous &eacute;crivez aujourd&rsquo;hui?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Ma po&eacute;sie r&eacute;pond &agrave; cela. J&rsquo;&eacute;cris ce qui m&rsquo;importe. Ce qui &eacute;tait important pour moi, lorsque j&rsquo;avais trois ans, m&rsquo;importe toujours aujourd&rsquo;hui. Ce qui m&rsquo;&eacute;pouvantait, lorsque j&rsquo;avais cinq ans, m&rsquo;&eacute;pouvante encore aujourd&rsquo;hui. Ce qui m&rsquo;attirait, lorsque j&rsquo;avais dix ans, m&rsquo;attire toujours encore. Ce qui ne r&eacute;siste pas au passage des ann&eacute;es est un &eacute;chec. Quelle est la fonction de ma po&eacute;sie, si elle ne r&eacute;siste pas au passage de quelques ann&eacute;es?<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Parlons<\/strong> <em>d&rsquo;<\/em><strong><em>Apog&eacute;e (Auge)<\/em>, votre nouveau livre.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Sept des vingt-et-un po&egrave;mes d&rsquo;<strong>Apog&eacute;e,<\/strong> sont comment&eacute;s par moi-m&ecirc;me dans mon livre Quinze. Je me sens dans toute la splendeur de la ma&icirc;trise de ce que je fais. Mon inspiration n&rsquo;a jamais eu de vacances. Quel nom donner &agrave; mon inspiration? Apog&eacute;e &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Pour terminer, quels d&eacute;fis vous a pos&eacute; la po&eacute;sie? Et qu&rsquo;est-ce-que le fait de lui consacrer votre vie a signifi&eacute; pour vous?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; La po&eacute;sie m&rsquo;a oblig&eacute; &agrave; approfondir ma curiosit&eacute;, &agrave; penser et &agrave; repenser et &agrave; penser encore, jusqu&rsquo;&agrave; trouver une r&eacute;ponse en moi. La po&eacute;sie est but et pr&eacute;texte. Pour exprimer vraiment, il faut savoir vraiment. Vivre est un d&eacute;fi. Je n&rsquo;ai pas d&eacute;di&eacute; ma vie &agrave; la po&eacute;sie. J&rsquo;ai d&eacute;di&eacute; ma vie &agrave; ma vie, qui est la po&eacute;sie. &raquo;<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Review of Books July 2, 2002 &laquo; Chaque po&egrave;me, pour moi, a sa partition. &raquo; par Beatriz Berger David Rosenmann-Taub, un g&eacute;nie ? 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