{"id":245,"date":"2015-02-11T01:52:58","date_gmt":"2015-02-11T09:52:58","guid":{"rendered":"http:\/\/dff-monolith.com\/?page_id=245"},"modified":"2015-08-11T13:23:15","modified_gmt":"2015-08-11T21:23:15","slug":"interview08-memorize","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/interviews\/interview08-memorize\/","title":{"rendered":"David Rosenmann-Taub: Contra la improvisaci&oacute;n"},"content":{"rendered":"<p class=\"centered-quote\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/elmercblk.gif\" alt=\"\" width=\"175\" height=\"22\"><br \/>\r\n  Santiago de Chile<strong><br \/>\r\n  <\/strong>November 20, 2005<\/p>\r\n<h1>David Rosenmann-Taub:<br \/>\r\n  &laquo; Contre l&rsquo;improvisaci&oacute;n &raquo;<\/h1>\r\n<h2>Entretien r&eacute;alis&eacute; par Patricio Tapia<\/h2>\r\n<p>La maison d&rsquo;&eacute;dition LOM publiera prochainement un cinqui&egrave;me livre, <em>Po&eacute;siectomie (Poesiectom&iacute;a, <\/em>de David Rosenmann-Taub. Certains consid&egrave;rent ce po&egrave;te herm&eacute;tique et profond comme un solide candidat pour le Prix national de litt&eacute;rature.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Apparemment, vous avez un projet ou une &oelig;uvre en cours qui ajoute de nouveaux volumes &agrave; ceux que vous avez d&eacute;j&agrave; publi&eacute;s et vous en pr&eacute;parez d&rsquo;autres. Pourriez-vous indiquer bri&egrave;vement comment cette &oelig;uvre est organis&eacute;e ? Comment vos livres <em>Los Surcos Inundados (Les Sillons Inond&eacute;s) <\/em>et <em>La Enredadera del J&uacute;bilo (La Vigne de l&rsquo;All&eacute;gresse<\/em>), publi&eacute;s au Chili avant que vous ne quittiez le pays, s&rsquo;int&eacute;grent-ils &agrave; ce projet?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; J&rsquo;ai toujours eu une &oelig;uvre en cours. D&egrave;s mon plus jeune &acirc;ge j&rsquo;ai su combien l&rsquo;improvisation est erron&eacute;e, parce que dans ce cas la r&eacute;ussite rel&egrave;ve de faits de hasard.. Le hasard est le cr&eacute;ateur, pas moi. L&rsquo;art exige ma volont&eacute;.<\/p>\r\n<p>C&rsquo;est une toute autre chose quand une &oelig;uvre <em>semble<\/em> avoir &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e sans effort, c&rsquo;est &agrave; dire avec l&rsquo;effort de la nature. La nature a une conscience &agrave; sa fa&ccedil;on : une pierre, un fruit, sont le produit d&rsquo;une &eacute;laboration tr&egrave;s intense. Pour qu&rsquo;une &oelig;uvre soit naturelle, elle ne peut pas &ecirc;tre improvis&eacute;e. Je ne me dirige jamais vers le papier sur lequel j&rsquo;&eacute;cris sans avoir m&eacute;dit&eacute; sur ce que je vais &eacute;crire. Sinon, je ne ferais preuve d&rsquo;aucun respect pour l&rsquo;acte m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;crire, et si je le donnais &agrave; lire &agrave; quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre, cela constituerait un manque de respect vis-&agrave;-vis du lecteur.<\/p>\r\n<p>A l&rsquo;heure actuelle, toutes mes &oelig;uvres sont termin&eacute;es dans ma t&ecirc;te. Je n&rsquo;ajoute pas de volumes &agrave; proprement parler <em>Cort&egrave;ge et Epinicie<\/em> se compose de quatre volumes, dont seulement deux ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;s. <em>Les Sillons Inond&eacute;s (Los Surcos Inundados)<\/em> se compose de plusieurs volumes dans lesquels j&rsquo;ai voulu utiliser des formes musicales &eacute;tablies. <em>La Vigne de l&rsquo;All&eacute;gresse (La Enredadera de J&uacute;bilo)<\/em> est le premier chapitre du S<em>ecret (El Secreto).<\/em> Il ya beaucoup de mes livres dont m&ecirc;me le premier volume n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; publi&eacute;. Ma situation est similaire &agrave; celle d&rsquo;un p&egrave;re qui a plusieurs enfants : se consacrer &agrave; un seul et laisser les autres affam&eacute;s, est-ce possible? Je nourris tous mes livres &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Vous avez quitt&eacute; le Chili avec une bourse de l&rsquo;Oriental Studies Foundation. Vicente Mengod, en commentant <em>Les Sillons Inond&eacute;s<\/em> parle d&rsquo;un mysticisme aux racines &eacute;sot&eacute;riques apparemment. Dans <em>Le Messager<\/em> vous dites : &laquo; Comme r&eacute;sultat, des vers : \/ paraphrase de Dieu &raquo; (&laquo; Por resultado, versos : \/ par&aacute;frasis de Dios &raquo;.)<br><br \/>\r\n  Existe-t-il une conception religieuse ou mystique identifiable dans votre &oelig;uvre ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Le Chili est avec moi : je ne l&rsquo;ai pas abandonn&eacute; et je l&rsquo;abandonnerai pas.<br><br \/>\r\n  Mon &oelig;uvre n&rsquo;a rien &agrave; voir avec l&rsquo;&eacute;sot&eacute;risme. Pour moi, Dieu n&rsquo;est pas un ph&eacute;nom&egrave;ne religieux, je ne l&rsquo;associe m&ecirc;me pas &agrave; la religion. Lorsque je me r&eacute;f&egrave;re aux arbres, je ne fais pas de la botanique. Lorsque je parle du corps humain, je ne pr&eacute;tends pas faire de l&rsquo;anatomie ou de la biologie &raquo;.<\/p>\r\n<p>&laquo; Il y a plusieurs ann&eacute;es, en discutant avec Georg Nicolai, il m&rsquo;a dit : &lsquo;Vous faites la m&ecirc;me chose que moi : vous vous consacrez &agrave; l&rsquo;art, et moi, &agrave; la science : nous nous d&eacute;dions &agrave; la m&ecirc;me chose&rsquo;.<\/p>\r\n<p>Et le mysticisme honn&ecirc;te, c&rsquo;est l&rsquo;exp&eacute;rience : r&eacute;ponse &agrave; posteriori, et non pas &agrave; priori.<br \/>\r\n  La citation du <em>Messager<\/em> se r&eacute;f&egrave;re &agrave; la capacit&eacute; de cr&eacute;er &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Le vocabulaire de vos livres est d&rsquo;une grande richesse. C&rsquo;est avec ou sans dictionnaire ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Comment un &eacute;crivain pourrait-il d&eacute;tester les dictionnaires? Les dictionnaires, en g&eacute;n&eacute;ral, sont le r&eacute;sultat de la collaboration de plusieurs individus, d&rsquo;o&ugrave; le risque : la pr&eacute;paration des individus est tr&egrave;s irr&eacute;guli&egrave;re. Les dictionnaires nous mettent dans une situation de suspense constant. Ils demandent au lecteur d&rsquo;&ecirc;tre m&eacute;fiant. L&rsquo;information ne doit jamais venir d&rsquo;une encyclop&eacute;die ou d&rsquo;un dictionnaire seulement. A c&ocirc;t&eacute; de brillantes explications surgissent des affirmations erron&eacute;es et des contradictions.<\/p>\r\n<p>Lorsque je suis dans le po&egrave;me, l&rsquo;&eacute;tape des dictionnaires et de la recherche est d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s loin. Si je suis attir&eacute; par une mati&egrave;re d&eacute;termin&eacute;e, tout ce qui est en relation avec ladite mati&egrave;re me semble utile. Et les dictionnaires sont moins que le commencement du travail.<\/p>\r\n<p>Vous employez le terme &laquo; d&rsquo;une grande richesse&raquo;.Il ne s&rsquo;agit ni de richesse, ni de pauvret&eacute; : j&rsquo;ai ma langue. Il arrive un moment o&ugrave; les mots prennent leur place. Je ne d&eacute;pends pas de la maison ou de la p&eacute;riode dans laquelle il se trouve que je vis. La langue actuelle est un aspect de la langue. J&rsquo;&eacute;cris pour hier, pour aujourd&rsquo;hui et pour demain. Sinon, je n&rsquo;&eacute;crirais pas.<\/p>\r\n<p>La po&eacute;sie? Un &eacute;clair conceptuel, visuel et sonore; m&ecirc;me le silence est fondamental. J&rsquo;ai enregistr&eacute; dans leur totalit&eacute; <em>Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute; (Pays au del&agrave;), El Cielo en la Fuente (Le Ciel dans la Fontaine)<\/em> et <em>La Ma&ntilde;ana Eterna (Le Matin &Eacute;ternel).<\/em> Je ne les ai pas r&eacute;cit&eacute;s, je les ai dits. J&rsquo;affirmerais la m&ecirc;me chose comcernant la version de Richter de l&rsquo;Appassionata : il ne l&rsquo;interpr&egrave;te pas, il la dit. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>&laquo; Comme mes traits \/ sont farouches &raquo; (&laquo; Cu&aacute;n esquivos, \/ mis trazos &raquo;.) Face &agrave; votre po&eacute;sie un peu herm&eacute;tique, y a t-il un travail que le lecteur doit faire?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Si vous vous exprimez avec une pr&eacute;cision responsable, vous devez r&eacute;p&eacute;ter la phrase plusieurs fois pour qu&rsquo;on vous comprenne. Lorsqu&rsquo;on entre dans une pi&egrave;ce tr&egrave;s &eacute;clair&eacute;e, on a tendance &agrave; fermer les yeux : bien &eacute;videmment, &agrave; cause de l&rsquo;exc&egrave;s de lumi&egrave;re.<\/p>\r\n<p>Tout texte s&eacute;rieux exige de l&rsquo;attention : s&rsquo;il y a eu un effort de la part de l&rsquo;auteur, l&rsquo;effort du lecteur est indispensable. L&rsquo;auteur et le lecteur doivent communiquer par un talent mutuel : la perception de l&rsquo;&oelig;uvre et l&rsquo;&oelig;uvre en soi, en &eacute;quilibre. Comment serait-il possible qu&rsquo;un po&egrave;me, &eacute;crit selon la volont&eacute; et selon le sens que lui donne le po&egrave;te &ndash;pendant des mois, des ann&eacute;es de r&eacute;flexion &ndash; soit absorb&eacute; par le lecteur lors d&rsquo;une lecture rapide ? Lire c&rsquo;est une chose. Dig&eacute;rer ce qui a &eacute;t&eacute; lu, c&rsquo;est autre chose.<br \/>\r\n  Des &eacute;crivains consid&eacute;r&eacute;s comme obscurs il n&rsquo;y a pas si longtemps, tels que James Joyce et Virginia Wolf, sont lus aujourd&rsquo;hui. Et des &eacute;crivains qui p&eacute;chaient par leur clart&eacute;, comme May Sinclair ou A.J. Cronin, ne sont plus lus &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Vous avez &eacute;crit un commentaire sur Le Ciel dans la fontaine, o&ugrave; l&rsquo;on peut lire : &laquo; Je chevaucherai, glissement voil&eacute;, \/ vingt si&egrave;cles et vingt matins &raquo; (&laquo; cabalgar&eacute;, cendal deslizamiento, \/ por veinte siglos y veinte ma&ntilde;anas &raquo;. Le livre est compos&eacute; de vingt po&egrave;mes ou sections. Y a-t-il une relation avec les vingt si&egrave;cles? Jusqu&rsquo;&agrave; quel point une explication est-elle n&eacute;cessaire?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Les livres de Cervant&egrave;s sont faciles en apparence. N&eacute;anmoins il y a eu de nombreuses explications &agrave; leur sujet. Tout d&eacute;pend de la culture, de la curiosit&eacute; et de la sensibilit&eacute; du lecteur. Mon commentaire du Ciel dans la Fontaine a pour but d&rsquo;&eacute;viter des &lsquo;interpr&eacute;tations&rsquo;.<\/p>\r\n<p>Bien s&ucirc;r, il y a une relation entre les vingt chapitres et les vingt si&egrave;cles. Le livre a &eacute;t&eacute; &eacute;crit pr&egrave;s de vingt si&egrave;cles apr&egrave;s l&rsquo;assassinat du Christ. M&ecirc;me si ce sens-l&agrave; n&rsquo;est pas le seul niveau du sens du mot &lsquo;vingt&rsquo;. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>La r&eacute;&eacute;criture est-elle une forme de correction? Si on compare l&rsquo;&eacute;dition publi&eacute;e par Cruz del Sur de Cort&egrave;ge et Epinicie et celle publi&eacute;e par LOM, il y a des diff&eacute;rences majeures et mineures. Ces changements r&eacute;pondent &agrave; quels crit&egrave;res ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Je ne corrige pas. J&rsquo;essaie d&rsquo;&ecirc;tre fid&egrave;le &agrave; ce que je veux dire. La situation est plus cruciale : le po&egrave;me se plaint. &lsquo;Je ne suis pas comme &ccedil;a. Cela est de trop&rsquo;. Chaque po&egrave;me a sa propre loi, son univers particulier.<\/p>\r\n<p>Dans la vie de tous les jours, nous nous perfectionnons rarement jusqu&rsquo;au point d&rsquo;&ecirc;tre satisfaits. L&rsquo;artiste, dans son &oelig;uvre, compense cette insatisfaction. Quel dommage que la conduite de l&rsquo;homme ne soit pas aux mains d&rsquo;un v&eacute;ritable artiste! &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Un vers de <em>Sillons inond&eacute;s (Los Surcos Inundados)<\/em> : &laquo; L&agrave; o&ugrave; meurt la musique, encore une fois les mots &raquo; (&laquo; Donde muere la m&uacute;sica, otra vez las palabras &raquo;). Que signifie pour vous la musique et comment est-elle li&eacute;e &agrave; la po&eacute;sie? Par ailleurs, je sais que vous avez enregistr&eacute; de mani&egrave;re priv&eacute;e une partie ou l&rsquo;ensemble de votre &oelig;uvre pianistique.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; L&rsquo;alt&eacute;ration des mots d&rsquo;Heine vise &agrave; d&eacute;montrer que la musique est un langage comme un autre. Lorsque la musique est de la musique, c&rsquo;est de la po&eacute;sie. Lorsque la po&eacute;sie est de la po&eacute;sie, c&rsquo;est de la musique.<\/p>\r\n<p>Enregistrer, pour moi, c&rsquo;est comme publier : prot&eacute;ger l&rsquo;exactitude aussi bien des textes po&eacute;tiques que des textes pianistiques &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><em><strong>Po&eacute;siectomie (Poesiectom&iacute;a).<\/strong><\/em><strong> Pourriez-vous expliquer ce titre aux r&eacute;sonances d&rsquo;analyse chirurgical?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Il s&rsquo;agit de l&rsquo;ablation &ndash; ectomie &ndash; de la conscience : extirper pour rechercher. Ouvrir pour &eacute;clairer, pour constater. Demander et demander jusqu&rsquo;&agrave; obtenir des r&eacute;ponses qui susciteront plus de questions et encore plus de r&eacute;ponses et plus de questions, jusqu&rsquo;&agrave; atteindre le n&eacute;ant, car tout est une manifestation du n&eacute;ant.<br \/>\r\n  Je ne suis pas d&rsquo;accord avec la conception de l&rsquo;&ecirc;tre et du n&eacute;ant, puisque l&rsquo;&ecirc;tre est une manifestation, parmi tant d&rsquo;autres, du n&eacute;ant. Les concepts de d&eacute;but et de fin r&eacute;pondent uniquement &agrave; l&rsquo;id&eacute;e de l&rsquo;&ecirc;tre &raquo;.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Vos po&egrave;mes ont des partitions. Les incluez-vous dans ce livre ? Existe-t-il une certaine &lsquo;libert&eacute; de l&rsquo;interpr&egrave;te&rsquo;, telle qu&rsquo;elle est suppos&eacute;e exister en musique, dans votre po&eacute;sie ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Je ne peux pas comprendre un po&egrave;me sans partition, parce que la substance rythmique est essentielle pour le contexte : tout est rythme. La po&eacute;sie est un ph&eacute;nom&egrave;ne rythmique-linguistique.<br><br \/>\r\n  La publication du livre Po&eacute;siectomie n&rsquo;inclut pas les partitions des po&egrave;mes.<\/p>\r\n<p>Libert&eacute; de l&rsquo;interpr&egrave;te en musique? Cela est d&ucirc; &agrave; l&rsquo;incapacit&eacute; de comprendre le contexte. Si on le comprend, il ne s&rsquo;agit pas de libert&eacute;, mais d&rsquo;exactitude de l&rsquo;interpr&eacute;tation. La joie d&rsquo;un vrai &lsquo;interpr&egrave;te&rsquo;? Son opportun esclavage.<\/p>\r\n<p>Pour &eacute;viter l&rsquo; &lsquo;interpr&eacute;tation&rsquo; de ma musique pour piano, j&rsquo;ai pr&eacute;f&eacute;r&eacute; l&rsquo;enregistrer moi-m&ecirc;me.&raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Le sous-titre du livre est &lsquo;Epidrames de validit&eacute; priv&eacute;e&rsquo;. Quelle est la part qu&rsquo;occupe votre exp&eacute;rience personnelle dans vos po&egrave;mes? Je pense &agrave; la figure de vos parents dans <em>Pays au-del&agrave; (Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;)<\/em>, ou &agrave; la mort de votre fils, pr&eacute;sente dans <em>Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio)<\/em> et dans <em>Les Sillons Inond&eacute;s (Los Surcos Inundados)<\/em>.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Validit&eacute; priv&eacute;e &raquo; (&laquo; Vigencia Privada &raquo;) : j&rsquo;ai pris ma personne comme point de r&eacute;f&eacute;rence. Dans d&rsquo;autres volumes d&rsquo;Epidrames (Epidramas), encore in&eacute;dits le point de r&eacute;f&eacute;rence c&rsquo;est moi chez les autres, pour m&rsquo;obliger &agrave; donner un jugement; j&rsquo;ai pris en compte le monde qui m&rsquo;entoure et en m&ecirc;me temps, ma vision du pass&eacute; et ma conception du futur. Dans &laquo; Validit&eacute; priv&eacute;e &raquo; je me juge ; dans les autres Epidrames : je juge le jugement des autres.<\/p>\r\n<p><em>Pays au-del&agrave;, Cort&egrave;ge et Epinicie, Les Sillons Inond&eacute;s<\/em> sont la transcription de mon exp&eacute;rience et la fa&ccedil;on de je ressens l&rsquo;exp&eacute;rience des &ecirc;tres que j&rsquo;aime : ma vie.<\/p>\r\n<p>Epigrammes : textes brefs et l&eacute;gers. J&rsquo;ai cr&eacute;&eacute; le terme &lsquo;&eacute;pidrames&rsquo; : textes brefs mais non l&eacute;gers : des drames qui durent des secondes &eacute;ternelles &raquo;.<\/p>\r\n<p>Quien haya sentido el deslumbramiento de <em>Cortejo y Epinicio<\/em>, de David Rosenmann-Taub, de seguro no podr&aacute; - al pasar por Echaurren - evitar repetirse: \"Echaurren, calle dormida, \/ Echaurren, calle son&aacute;mbula: \/ que no enturbie tus veredas \/ el barro de mis pisadas\". O en la a&ntilde;oranza o entrega amorosa: \"No es bastante tu cuerpo: deseo tu deseo\". Quiz&aacute; no volver&aacute; a mirar las plantas de achiras sin inquietud (\"&iexcl;Salvaje, salvaje rumor!\") u o&iacute;r una canci&oacute;n de cuna sin un p&aacute;lpito l&uacute;gubre (se canta a un ni&ntilde;o, un hijo, muerto).<\/p>\r\n<p>Cuando en 1949 apareci&oacute; <em>Cortejo y Epinicio<\/em>, Rosenmann-Taub tuvo lectores entusiastas -entre ellos, Alone- y sigui&oacute; teni&eacute;ndolos con sus posteriores publicaciones. <em>En Los Surcos Inundados<\/em> (1951) y<em>La Enredadera del J&uacute;bilo<\/em>(1952) ellos encontrar&iacute;an la misma voz personal, a veces desesperada, la misma intensidad. Pero desde entonces, se abre un largo per&iacute;odo de silencio, s&oacute;lo interrumpido por la publicaci&oacute;n de un peque&ntilde;o cuaderno en 1962. Trabajando para mantener a su familia, escribe pero no publica, y se transforma en una suerte de enigma en torno al cual circulan diversas historias: que alguna vez, otros poetas intentaron atacarlo; que su labor po&eacute;tica, acumulada durante a&ntilde;os, le fue robada; que es becado por una Fundaci&oacute;n de Estudios Orientales; que &eacute;l no existe (ser&iacute;a un pseud&oacute;nimo o heter&oacute;nimo de alg&uacute;n otro escritor). Algunas son ciertas, otras no. Por de pronto, existe, aunque por entonces comienza a alejarse, poco a poco, de Chile. Desde 1976 viaja bastante -publica algunos libros en Buenos Aires- por Europa, Sudam&eacute;rica y Estados Unidos, donde, en 1985, se establece.<\/p>\r\n<p>Su desaparici&oacute;n de Chile podr&iacute;a haber sido completa, pero el a&ntilde;o 2002, Editorial LOM comienza a publicar su obra. Primero, <em>Cortejo y Epinicio<\/em>, luego <em>El Mensajero<\/em>, <em>El Cielo en la Fuente \/ La Ma&ntilde;ana Eterna<\/em>, <em>Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;<\/em> y, pr&oacute;ximamente, <em>Poesiectom&iacute;a<\/em>.<\/p>\r\n<p>Los que hayan memorizado poemas de <em>Cortejo y Epinicio<\/em>, se encontrar&aacute;n con que LOM ha publicado una nueva edici&oacute;n, y en cierta forma, es otro libro: \"No es bastante tu cuerpo: deseo tu deseo\" se ha transformado en \"Mansi&oacute;n, Gracia, Verano: deseo tu deseo\". Tambi&eacute;n han cambiado los poemas sobre la calle Echaurren o sobre las achiras... Rosenmann-Taub introdujo alg&uacute;n poema, cambi&oacute; unas palabras en unos pero bastantes m&aacute;s en otros. Varios de ellos se redujeron a la mitad. Una labor de concentraci&oacute;n semejante se aprecia en sus otros libros y los versos pueden reducirse a una o dos palabras, como chispazos absortos. No es tan extra&ntilde;o encontrar poemas como este de <em>Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;<\/em>:\"Pestillo\/ sinuoso. Tajo \/ temerario. Ligas \/ de astucia. \/ Jolgorio.\/ C&eacute;sped. \/ Escotes \/ de hontanar. \/ &iquest;Carne?\".<\/p>\r\n<p>Si alguien pudo dudar en cierto momento de la existencia de Rosenmann-Taub, ahora no le faltar&iacute;an razones. Vive apartado, lejos de todo y de casi todos, no viaja ni aparece en p&uacute;blico. Incluso el m&eacute;todo de entrevista es a trav&eacute;s de una, digamos, \"m&eacute;dium\", a quien hay que enviarle las preguntas y quien env&iacute;a las respuestas -oraculares y enf&aacute;ticas- del poeta.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Al parecer, tiene usted un proyecto o una obra en marcha que agrega vol&uacute;menes a los ya publicados y prepara otros. &iquest;Podr&iacute;a indicar brevemente c&oacute;mo se configura ese proyecto u obra? &iquest;C&oacute;mo se integrar&iacute;an, de hacerlo, sus otros libros publicados en Chile antes de partir:<em>Los Surcos Inundados<\/em> y <em>La Enredadera del J&uacute;bilo<\/em>?<\/strong><\/p>\r\n<p>\"Siempre he tenido obra en marcha. Desde muy peque&ntilde;o, supe cu&aacute;n err&oacute;nea es la improvisaci&oacute;n, porque la asumir&iacute;a factible, en caso de acertar. La casualidad es el creador, no yo. Arte exige mi voluntad.<\/p>\r\n<p>Otra cosa es que la obra parezca realizada sin esfuerzo, o sea, con el esfuerzo de la naturaleza. La naturaleza tiene conciencia a su manera: una piedra, una fruta, son el producto de una intens&iacute;sima elaboraci&oacute;n.<\/p>\r\n<p>Para que una obra sea natural, no puede ser improvisada. Jam&aacute;s voy al papel sin haber meditado lo que voy a escribir. De lo contrario, no tendr&iacute;a respeto por el acto mismo y, si se lo diera a leer a otro, constituir&iacute;a una falta de respeto hacia ese lector.<\/p>\r\n<p>A estas alturas, en mi cabeza las obras est&aacute;n terminadas. No agrego vol&uacute;menes. <em>Cortejo y Epinicio<\/em> consta de cuatro vol&uacute;menes, de los que han sido publicados s&oacute;lo dos. <em>Los Surcos Inundados<\/em>son varios vol&uacute;menes en los que he querido utilizar formas musicales establecidas. <em>La Enredadera del J&uacute;bilo<\/em>es el primer cap&iacute;tulo de <em>El Secreto<\/em>. Hay muchos otros libros de los que no he publicado a&uacute;n ni siquiera el primer volumen.<\/p>\r\n<p>Mi situaci&oacute;n es similar a la de un padre que tiene numerosos hijos: &iquest;dedicarse a uno y dejar hambrientos a los dem&aacute;s? Doy de comer a todos mis libros\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">Usted se march&oacute; de Chile con una beca de la Oriental Studies Foundation. Vicente Mengod, al comentar <em>Los Surcos Inundados<\/em>, habl&oacute; de un misticismo, al parecer de ra&iacute;ces esot&eacute;ricas. En <em>El Mensajero<\/em> dice: \"Por resultado, versos: \/ par&aacute;frasis de Dios\". &iquest;Existe alguna concepci&oacute;n religiosa o m&iacute;stica identificable en su obra?<\/p>\r\n<p>\"Chile est&aacute; conmigo: no lo he abandonado, ni lo abandonar&eacute;.<\/p>\r\n<p>Mi obra no tiene nada que ver con esoterismo. Para m&iacute;, Dios no es fen&oacute;meno religioso, ni siquiera lo asocio a la religi&oacute;n. Cuando me refiero a &aacute;rboles, no hago bot&aacute;nica. Cuando aludo al cuerpo humano, no pretendo anatom&iacute;a o biolog&iacute;a\".<\/p>\r\n<p>Hace muchos a&ntilde;os, conversando con Georg Nicolai, me dijo: 'Usted hace lo mismo que yo: usted est&aacute; dedicado al arte, y yo, a la ciencia: estamos dedicados a lo mismo'.<\/p>\r\n<p>Y el honesto misticismo es experiencia: respuesta a posteriori, no a priori.<\/p>\r\n<p>La acotaci&oacute;n de <em>El Mensajero<\/em> alude a la capacidad de crear\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">El vocabulario de sus libros es riqu&iacute;simo. &iquest;El suyo es con o sin diccionario?<\/p>\r\n<p>\"&iquest;C&oacute;mo un escritor va a detestar los diccionarios? Los diccionarios, en general, son el resultado de la colaboraci&oacute;n de numerosos individuos; de ah&iacute;, el riesgo: la preparaci&oacute;n de los individuos es muy irregular. Los diccionarios atesoran suspenso constante. Demandan del lector la desconfianza. La informaci&oacute;n no puede nunca ser s&oacute;lo de una enciclopedia o de un diccionario. Al lado de explicaciones brillantes surgen afirmaciones equivocadas y contradicciones.<\/p>\r\n<p>Cuando estoy en el poema, la etapa de los diccionarios y de la investigaci&oacute;n ya se encuentra muy lejana. Si me atrae una determinada materia, todo lo que tiene que ver con esa materia me parece &uacute;til. Y los diccionarios son menos que el principio.<\/p>\r\n<p>Usted emplea el t&eacute;rmino \"riqu&iacute;simo\". Ni riqueza, ni pobreza: tengo mi lenguaje. Llega un momento en que las palabras toman su lugar. No dependo de la casa o &eacute;poca en que me toca vivir. El lenguaje actual es un aspecto del lenguaje. Escribo para ayer, hoy y ma&ntilde;ana. De lo contrario, no escribir&iacute;a.<\/p>\r\n<p>&iquest;La poes&iacute;a? Rel&aacute;mpago conceptual, visual y sonoro; incluso el silencio le es fundamental. He grabado <em>Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;<\/em>, <em>El Cielo en la Fuente y La Ma&ntilde;ana Eterna<\/em>, completos. No los he recitado, los he dicho. Le afirmar&iacute;a lo mismo respecto de la versi&oacute;n de Richter de la Appassionata: &eacute;l no la interpreta, la dice\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">\"Cu&aacute;n esquivos, \/ mis trazos\". Ante su poes&iacute;a algo herm&eacute;tica, &iquest;hay una labor del lector?<\/p>\r\n<p>\"Si usted se expresa con responsable precisi&oacute;n, tendr&aacute; que repetir la frase muchas veces para que se la entiendan. Al entrar a un cuarto muy iluminado, tendemos a cerrar los ojos: obviamente, por el exceso de luz.<\/p>\r\n<p>Cualquier texto serio requiere atenci&oacute;n: si hubo esfuerzo en el autor, es indispensable esfuerzo en el lector. Autor y lector comunicados por mutuo talento: la percepci&oacute;n de la obra y la propia obra, en equilibrio. &iquest;C&oacute;mo va a ser posible que un poema, escrito de acuerdo a la voluntad y al sentido que le da el poeta - meses, a&ntilde;os de reflexi&oacute;n - sea absorbido por el lector en una r&aacute;pida lectura? Una cosa: leer. Otra: digerir lo le&iacute;do.<\/p>\r\n<p>Escritores considerados oscuros no hace mucho tiempo, como James Joyce, Virginia Woolf, hoy se leen. Y escritores que pecaban de claros, como May Sinclair o A.J. Cronin, han dejado de ser le&iacute;dos\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">Entiendo que usted ha escrito un comentario a <em>El Cielo en la Fuente<\/em>, donde se lee: \"cabalgar&eacute;, cendal deslizamiento, \/ por veinte siglos y veinte ma&ntilde;anas\". El libro se compone de veinte poemas o apartados. &iquest;Hay alguna relaci&oacute;n con los veinte siglos? &iquest;Hasta qu&eacute; punto es necesaria una interpretaci&oacute;n?<\/p>\r\n<p>\"Los libros de Cervantes son, en apariencia, f&aacute;ciles. Sin embargo, ha habido muchas explicaciones. Todo depende de la cultura, la curiosidad, la sensibilidad del lector.<\/p>\r\n<p>Mi comentario del libro <em>El Cielo en la Fuente<\/em> es para evitar 'interpretaciones'.<\/p>\r\n<p>Por supuesto, hay una relaci&oacute;n entre los veinte cap&iacute;tulos y los veinte siglos. El libro fue escrito aproximadamente veinte siglos despu&eacute;s del asesinato de Cristo. Aunque &eacute;se no es el &uacute;nico nivel de sentido de veinte\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">La reescritura, &iquest;es una forma de correcci&oacute;n? Comparando la edici&oacute;n publicada por Cruz del Sur de <em>Cortejo y Epinicio<\/em> y la publicada por LOM, hay diferencias menores y mayores. &iquest;A qu&eacute; criterios responden esos cambios?<\/p>\r\n<p>\"No corrijo. Trato de ser fiel a lo que quiero decir. La situaci&oacute;n es m&aacute;s trascendente: el poema se queja: \"No soy as&iacute;; esto me sobra\". Cada poema tiene su ley, su particular universo.<\/p>\r\n<p>Rara vez, en la vida diaria, nos perfeccionamos en alg&uacute;n aspecto hasta quedar satisfechos. El artista, en su obra, compensa esta insatisfacci&oacute;n. &iexcl;Qu&eacute; l&aacute;stima que la conducta del hombre no est&eacute; en manos de un artista de veras!\"<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">Un verso de <em>Los Surcos Inundados<\/em>: \"Donde muere la m&uacute;sica, otra vez las palabras\". &iquest;Qu&eacute; significa para usted la m&uacute;sica y c&oacute;mo se vincula con la poes&iacute;a? Por otra parte, entiendo que ha grabado privadamente parte o toda su obra pian&iacute;stica.<\/p>\r\n<p>\"La alteraci&oacute;n de las palabras de Heine tiene por objeto manifestar que la m&uacute;sica es un lenguaje como cualquier otro lenguaje. Cuando la m&uacute;sica es m&uacute;sica, es poes&iacute;a. Cuando la poes&iacute;a es poes&iacute;a, es m&uacute;sica.<\/p>\r\n<p>Grabar para m&iacute; es como publicar: proteger la exactitud tanto de los textos po&eacute;ticos como pian&iacute;sticos\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><em>Poesiectom&iacute;a<\/em>. &iquest;Podr&iacute;a explicar este t&iacute;tulo, con resonancias de an&aacute;lisis quir&uacute;rgico?<\/p>\r\n<p>\"Se trata de ablaci&oacute;n -ectom&iacute;a- de la conciencia: extirpar para investigar. Abrir para iluminar, para constatar. Preguntar y preguntar hasta obtener respuestas que provocar&aacute;n m&aacute;s preguntas y m&aacute;s respuestas y m&aacute;s preguntas, hasta alcanzar la nada, pues todo es manifestaci&oacute;n de nada.<\/p>\r\n<p>No estoy de acuerdo con la concepci&oacute;n de ser y nada, ya que el ser es una manifestaci&oacute;n, una de tantas, de la nada. Los conceptos de principio y de final responden s&oacute;lo a la idea de ser\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">Entiendo que sus poemas tienen partituras. &iquest;Las incluye este libro? &iquest;Existe cierta \"libertad del int&eacute;rprete\", como supuestamente existe en la m&uacute;sica, en su poes&iacute;a?<\/p>\r\n<p>\"No puedo entender un poema que no tenga su partitura, porque la sustancia r&iacute;tmica es esencial para el contexto: todo es ritmo. Poes&iacute;a es un fen&oacute;meno r&iacute;tmico-lingu&iacute;stico.<\/p>\r\n<p>La publicaci&oacute;n del libro <em>Poesiectom&iacute;a <\/em>no incluye las partituras de los poemas.<\/p>\r\n<p>&iquest;Libertad del int&eacute;rprete en la m&uacute;sica? Esto se debe a la incapacidad de entender el contexto. Si se lo entiende, no se trata de libertad, sino de exactitud del int&eacute;rprete. &iquest;La fiesta de un verdadero \"int&eacute;rprete\"? Su oportuna esclavitud.<\/p>\r\n<p>Para evitar la 'interpretaci&oacute;n' de mi m&uacute;sica para piano, he preferido grabarla yo\".<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">El subt&iacute;tulo del libro es \"Epidramas de Vigencia Privada\". &iquest;Cu&aacute;nto hay de trasunto de su experiencia personal en sus poemas? Pienso en la figura de sus padres en <em>Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;<\/em>, o en la muerte del hijo, presente en <em>Cortejo y Epinicio<\/em> y en <em>Los Surcos Inundados<\/em>...<\/p>\r\n<p>\"Vigencia Privada: he tomado mi persona como punto referencial. En los otros vol&uacute;menes de<em>Epidramas<\/em>, a&uacute;n in&eacute;ditos, el punto referencial es yo en los otros, para obligarme a dar un juicio; he tomado en consideraci&oacute;n el mundo que me rodea y, a la vez, mi visi&oacute;n del pasado y mi concepci&oacute;n del futuro. En Vigencia Privada me juzgo; en los otros <em>Epidramas<\/em>: juzgo el juicio de los dem&aacute;s.<\/p>\r\n<p><em>Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;, Cortejo y Epinicio, Los Surcos Inundados<\/em> son el trasunto de mi experiencia y mi experimentar la experiencia de los seres que amo: mi vivir.<\/p>\r\n<p>Epigramas: textos breves, livianos. He creado el t&eacute;rmino epidramas: textos breves, pero no livianos: dramas que duran segundos eternos\".<\/p>\r\n<p><strong>DATOS Y HOMENAJE<\/strong><\/p>\r\n<p>David Rosenmann-Taub naci&oacute; en Santiago en 1927. Su primer libro fue <em>Cortejo y Epinicio<\/em> (1949). Desde entonces, Rosenmann-Taub ha publicado m&aacute;s de diez vol&uacute;menes de poes&iacute;a. El a&ntilde;o 2000 se establece la Fundaci&oacute;n Corda para preservar su obra y desde el a&ntilde;o 2002, LOM Ediciones comenz&oacute; a publicarla en Chile. Rosenmann-Taub reside en Estados Unidos, donde escribe, compone m&uacute;sica y dibuja.<\/p>\r\n<p>El lanzamiento de <em>Poesiectom&iacute;a<\/em>ser&aacute; un homenaje a Rosenmann-Taub, en el que 14 j&oacute;venes poetas chilenos abordar&aacute;n en diferentes formatos textos del poeta. El lanzamiento-homenaje ser&aacute; el d&iacute;a 4 de diciembre en el Caf&eacute; Literario de Providencia, a las 19 horas. El libro ser&aacute; presentado por Na&iacute;n N&oacute;mez y los poetas del homenaje ser&aacute;n: Andr&eacute;s Anwandter, Gustavo Barrera, Ana Mar&iacute;a Briede, David Bustos, Felipe Cussen, Kurt Folch, Alejandra Gonz&aacute;lez, Martin Gubbins, Mendez &amp; M&eacute;ndez, David Preiss, Juan Crist&oacute;bal Romero, Rafael Rubio, Felipe Ruiz, Feisal Sukni.<\/p>\r\n<p style=\"text-align:center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/bar_rust.jpg\" alt=\"alt\" width=\"400\" height=\"2\"><\/p>\r\n<p class=\"half-centered\"><strong>POEMAS DE POESIECTOM&Iacute;A<\/strong><br \/>\r\n  <strong>XVIII<\/strong>\r\n<\/p>\r\n<p class=\"half-centered\">&iexcl;Aquel d&iacute;a, aquel d&iacute;a!<br \/>\r\n  &iquest;Un d&iacute;a<br \/>\r\n  llegar&iacute;a<br \/>\r\n  el d&iacute;a que anhel&aacute;bamos,<br \/>\r\n  tras incontables rondas de a&ntilde;oluces,<br \/>\r\n  hasta nosotros?\r\n<\/p>\r\n<p class=\"half-centered\">Y, al fin,<br \/>\r\n  al fin, aqu&iacute;,<br \/>\r\n  nuestro, rec&oacute;ndito,<br \/>\r\n  su radiante cardumen,<br \/>\r\n  tal como lo anhel&aacute;bamos,<br \/>\r\n  palad&iacute;n,<br \/>\r\n  &iexcl;por un d&iacute;a!<\/p>\r\n<p class=\"half-centered\"><strong>LXXI<\/strong>\r\n<\/p>\r\n<p class=\"half-centered\">Te alabo. Te repudio.<br \/>\r\n  No discutes. No buscas.<br \/>\r\n  No creces. Te derrumbas.<br \/>\r\n  Honor a ti, mont&oacute;n en orden: muro.<\/p>\r\n<p>\r\n  <strong>XCII<\/strong>\r\n<\/p>\r\n<p class=\"half-centered\">Me prolongo en el lecho.<br \/>\r\n  Las rapideces, lentas.<br \/>\r\n  &laquo;El l&aacute;piz&raquo;, ruego, a tientas.<br \/>\r\n  Escribo: &laquo;Escribo.&raquo; Y fecho.<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Santiago de Chile November 20, 2005 David Rosenmann-Taub: &laquo; Contre l&rsquo;improvisaci&oacute;n &raquo; Entretien r&eacute;alis&eacute; par Patricio Tapia La maison d&rsquo;&eacute;dition LOM publiera prochainement un cinqui&egrave;me livre, Po&eacute;siectomie (Poesiectom&iacute;a, de David Rosenmann-Taub. Certains consid&egrave;rent ce po&egrave;te herm&eacute;tique et profond comme un solide candidat pour le Prix national de litt&eacute;rature. 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