{"id":253,"date":"2015-02-11T02:03:46","date_gmt":"2015-02-11T10:03:46","guid":{"rendered":"http:\/\/dff-monolith.com\/?page_id=253"},"modified":"2015-07-22T21:12:35","modified_gmt":"2015-07-23T05:12:35","slug":"interview09-far-from-world","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/interviews\/interview09-far-from-world\/","title":{"rendered":"Retir&eacute; de tout, loin du monde"},"content":{"rendered":"<p class=\"centered-quote\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/poesialogo.gif\" alt=\"alt\" width=\"200\" height=\"23\"><br \/>\r\n  Buenos Aires, Argentine<br \/>\r\n  Juin 2002<\/p>\r\n<h1>Retir&eacute; de tout, loin du monde<\/h1>\r\n<h2>Entrevista par Lautaro Ortiz<\/h2>\r\n<p style=\"text-align:center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/bar_rust.jpg\" alt=\"alt\" width=\"400\" height=\"2\"><\/p>\r\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/fotodrt01.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"375\" align=\"right\" hspace=\"12\" vspace=\"12\">Descendant d&rsquo;une famille polonaise, Rosenmann-Taub a &eacute;t&eacute; une r&eacute;v&eacute;lation comme promesse litt&eacute;raire, lorsqu&rsquo;il a obtenu la r&eacute;compense bien m&eacute;rit&eacute;e du Prix Municipal de Santiago (1951) &agrave; seulement 24 ans. Au d&eacute;but de 1970 &ndash; lorsque &laquo; le Chili cessa d&rsquo;&ecirc;tre le Chili &raquo; &ndash; il v&eacute;cut dans plusieurs villes des Etats-Unis, jusqu&rsquo;&agrave; atterrir dans l&rsquo;&eacute;tat de la Californie du Nord, o&ugrave; depuis, il se consacre exclusivement &agrave; l&rsquo;&eacute;criture, &agrave; la musique et au dessin.<\/p>\r\n<p>Solide candidat &agrave; l&rsquo;obtention du prochain Prix National de son pays, la figure de Rosenmann-Taub s&rsquo;est progressivement r&eacute;int&eacute;gr&eacute;e dans le cercle litt&eacute;raire national gr&acirc;ce &agrave; un groupe d&rsquo;adeptes et de sp&eacute;cialistes de sa po&eacute;sie &ndash; r&eacute;unis au sein de la Fondation Corda &ndash; charg&eacute;e de l&rsquo;actualisation r&eacute;guli&egrave;re du site www.davidrosenmann-taub.com, et de la distribution de disques avec la voix du po&egrave;te ; la fondation a annonc&eacute; que la maison d&rsquo;&eacute;dition LOM publiera deux livres du po&egrave;te en milieu d&rsquo;ann&eacute;e : le mythique <em>Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio)<\/em> l&rsquo;in&eacute;dit <em>Apog&eacute;e (Auge)<\/em>. Dans cet entretien r&eacute;alis&eacute; par mail en d&eacute;cembre 2001 &ndash; un des rares entretiens de Rosenmann-Taub &ndash;, il se souvient de ses d&eacute;buts comme &eacute;crivain et de son passage &agrave; Buenos Aires, o&ugrave; il a publi&eacute; quatre de ses principaux ouvrages.<\/p>\r\n<p><strong>L&rsquo;&oelig;uvre:<\/strong> <em>L&rsquo;Adolescent (El Adolescente)<\/em>, revue litt&eacute;raire Caballo de Fuego, 1941; <em>Cort&egrave;ge et Epinicie<\/em>, Cruz del Sur, 1949 (prim&eacute; par le Syndicat d&rsquo;Ecrivains Chiliens); <em>Les Sillons Innond&eacute;s (Los Surcos Inundados)<\/em>, Cruz del Sur,1951 (Prix Municipal de Po&eacute;sie); <em>Le Giron Lumineux (El Regazo Luminoso)<\/em> (in&eacute;dit pour lequel il re&ccedil;ut le Prix National de Po&eacute;sie de l&rsquo;Universit&eacute; de Concepci&oacute;n en 1951);<em> La vigne de l&rsquo;all&eacute;gresse (La Enredadera del J&uacute;bilo)<\/em>, revue Atenea et Cruz del Sur, 1952; <em>Cahier de po&eacute;sie (Cuaderno de Poes&iacute;a)<\/em>, Taller Edici&oacute;n 99, 1962;<em> Les D&eacute;pouilles du Soleil : Ananda premi&egrave;re (Los Despojos del Sol: Ananda Primera)<\/em>, Esteoeste, Buenos Aires, 1976; <em>Le Ciel dans la Fontaine (El Cielo en la Fuente)<\/em>, Este Oeste, Buenos Aires, 1977; <em>Les D&eacute;pouilles du Soleil : Ananda seconde (Los Despojos del Sol: Ananda Segunda),<\/em> Esteoeste, Buenos Aires, 1978;<em> Au Roi son tr&ocirc;ne (Al Rey su Trono)<\/em>, Esteoeste (&eacute;crit avec Nah&uacute;m Kamenetzky et illustr&eacute; par Rosenmann-Taub), 1983.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Les po&egrave;tes chiliens vous d&eacute;finissent comme un &eacute;crivain-culte. Cette image vous convient-elle?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Je pense que l&rsquo;art demande tellement &agrave; l&rsquo;artiste qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de temps pour penser aux lecteurs. Et penser aux lecteurs, c&rsquo;est se vendre. C&rsquo;est-&agrave;-dire se trahir. Je veux &ecirc;tre, toujours, ce lecteur qui approuve, comme quelque chose de n&eacute;cessaire, ce que j&rsquo;&eacute;cris. Je citerais la phrase de Paul Val&eacute;ry : &laquo; Je pr&eacute;f&egrave;re &ecirc;tre lu cent fois par le m&ecirc;me lecteur, plut&ocirc;t qu&rsquo;une seule fois par cent lecteurs diff&eacute;rents &raquo;. Si un &eacute;crivain a un groupe de lecteurs fid&egrave;les, faut-il pour autant le qualifier d&rsquo;&laquo; &eacute;crivain-culte &raquo; ? L&rsquo;art qui persiste en d&eacute;pit de tout, c&rsquo;est une chose, et l&rsquo;art qui est passager, c&rsquo;est autre chose. De mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, le public n&rsquo;est pas conscient de l&rsquo;art qui surgit &agrave; son &eacute;poque; il ne re&ccedil;oit que ce qui se vend avec une promotion &laquo; intelligente &raquo;. On suppose que les auteurs de valeur d&rsquo;une &eacute;poque, sont les auteurs de valeur vendables &agrave; cette &eacute;poque l&agrave;. Les vrais auteurs de valeurs, c&rsquo;est diff&eacute;rent. Curieusement ce qu&rsquo;on lit le plus &agrave; une p&eacute;riode, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on lit le moins apr&egrave;s. Tout ce qui flattait et distrayait le public, l&rsquo;accompagne ensuite au cimeti&egrave;re. On enterre en m&ecirc;me temps le public et ses go&ucirc;ts. Et les auteurs qui ne trouvaient pas d&rsquo;&eacute;diteurs &agrave; leur &eacute;poque, deviennent plus tard, post-mortem, des succ&egrave;s de librairie. Je ne crois pas qu&rsquo;en Angleterre les &eacute;diteurs de James Joyce aient pens&eacute; qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un romancier capable d&rsquo;&ecirc;tre publi&eacute; &agrave; des millions d&rsquo;exemplaires. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Acceptez-vous que les critiques chiliens vous qualifient de po&egrave;te surr&eacute;aliste ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Moi surr&eacute;aliste? Les surr&eacute;alistes qui ont cr&eacute;&eacute; le mouvement, Breton et Eluard, ont une certaine valeur intellectuelle. En tant que po&egrave;tes, je dois avouer que je les trouve tr&egrave;s pauvres. Eluard me semble insignifiant. Reverdy qui a appartenu &agrave; ce mouvement, est plus pittoresque, mais au fond, aussi pauvre que les autres. Je sais qu&rsquo;il y a eu un groupe de surr&eacute;alistes &agrave; Santiago&hellip; &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\">Jorge C&aacute;ceres, par exemple.<\/p>\r\n<p>&laquo; Peut-&ecirc;tre, mais je regrette de vous dire que je ne l&rsquo;ai jamais lu. Quelque chose de ce groupe est probablement tomb&eacute; dans mes mains, mais quelque chose m&rsquo;a enlev&eacute; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de les lire. Un po&egrave;te qui est associ&eacute; avec le surr&eacute;alisme &ndash; m&ecirc;me si en r&eacute;alit&eacute; il a cr&eacute;&eacute; un mouvement diff&eacute;rent &ndash; c&rsquo;est Vicente Huidobro. C&rsquo;est une situation similaire &agrave; celle d&rsquo;Alfonsina Storni. Elle s&rsquo;est suicid&eacute;e. Pas Huidobro, mais il y a plusieurs mani&egrave;res de se donner la mort. J&rsquo;ai connu et je connais de nombreux suicid&eacute;s qui se prom&egrave;nent en bonne sant&eacute;. N&eacute;anmoins, Vicente Huidobro est davantage po&egrave;te que les surr&eacute;alistes fran&ccedil;ais. La nouveaut&eacute;, surtout ce qui veut para&icirc;tre tel, vieillit tr&egrave;s vite. Les surr&eacute;alistes promouvaient l&rsquo;&eacute;criture automatique. Dans n&rsquo;importe quelle activit&eacute;, agir automatiquement est dangereux. Avec l&rsquo;automatisme, on ne va pas tr&egrave;s loin. Le terme surr&eacute;alisme indique, &agrave; vrai dire, le fait de transcender la r&eacute;alit&eacute; apparente. La litt&eacute;rature &laquo; r&eacute;elle &raquo; a toujours &eacute;t&eacute; surr&eacute;aliste. Des exemples? Quevedo, Cervantes, Teresa de &Aacute;vila, Mart&iacute;n du Gard, Mir&oacute;, Thackeray, l&rsquo;Eccl&eacute;siaste, Murasaki, Bunin, Proust, Sarmiento. Pour &ecirc;tre juste: le surr&eacute;alisme voulait donner du poids &agrave; la folie, au fait de se laisser emporter par la folie. Dans ce sens il a raison, parce que le monde veut &ecirc;tre fou et pratique la folie d&eacute;cha&icirc;n&eacute;e. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>A quoi se doit votre isolement et votre rejet du cercle po&eacute;tique chilien?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Pendant plusieurs ann&eacute;es ma famille a eu besoin de mon aide. J&rsquo;ai d&ucirc; travailler tr&egrave;s dur. Je n&rsquo;avais pas de temps pour des cercles litt&eacute;raires. Le peu de temps que je pouvais pr&eacute;server je l&rsquo;utilisais pour ma po&eacute;sie et pour ma musique. Dans les ann&eacute;es soixante-dix, lorsque le Chili a cess&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre le Chili, je suis parti aux Etats-Unis. J&rsquo;ai rencontr&eacute; quelques &eacute;crivains chiliens &ndash; des gens de bien &ndash; qui m&rsquo;ont renseign&eacute; sur certains cercles artistiques, car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;incompatibilit&eacute; entre le fait d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;crivain et le fait d&rsquo;&ecirc;tre un &lsquo;gangster&rsquo;. Je me souviens de gens de qualit&eacute;, par exemple de Pedro Prado, d&rsquo;Eduardo Barrios, de Joaqu&iacute;n Ortega Folch, de Luis Durand. Je me souviens d&rsquo;Antonio de Undurraga, g&eacute;n&eacute;reux, entrepreneur, presque h&eacute;ro&iuml;que. Je me souviens d&rsquo;Augusto Iglesias. J&rsquo;ai appris qu&rsquo;il &eacute;tait membre du jury qui m&rsquo;a d&eacute;cern&eacute; le Prix Municipal, et je suis all&eacute; le remercier. Il m&rsquo;a dit : &lsquo;Vous ne savez pas avec combien de gens je me suis battu, mais j&rsquo;ai aim&eacute; votre livre et les bons livres sont rares. Je pensais que vous &eacute;tiez un homme &acirc;g&eacute;. Le fait que vous soyez jeune justifie encore plus le prix. Je suis content de m&rsquo;&ecirc;tre battu pour votre livre&rsquo;. Et lorsque j&rsquo;ai assist&eacute; &agrave; la remise du prix, j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; l&rsquo;objet de beaucoup d&rsquo;agressivit&eacute;. Un &eacute;crivain, un homme bon &eacute;galement et talentueux, Manuel Rojas, a senti ce climat de n&eacute;gativit&eacute; et m&rsquo;a dit : &lsquo;Ne vous inqui&eacute;tez pas, vous &ecirc;tes avec moi&rsquo;. Il &eacute;tait grand et solide.<br \/>\r\n  Il y avait &eacute;galement au Chili des hommes aussi optimistes que g&eacute;n&eacute;reux: Armando Uribe, d&rsquo;une grande curiosit&eacute; et d&rsquo;une sensibilit&eacute; exquise ; Jorge H&uuml;bner, Miguel Arteche, Carlos Ren&eacute; Correa, Luis Merino Reyes, modestes, ouverts &agrave; la tradition et &agrave; la nouveaut&eacute;. Mais j&rsquo;avais peu de temps pour participer aux cercles litt&eacute;raires. C&rsquo;est le cas encore aujourd&rsquo;hui. Mon travail cr&eacute;atif ne me le permet pas. Un vrai artiste c&rsquo;est un chirurgien qui n&rsquo;abandonne pas le bloc op&eacute;ratoire des urgences.&raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Pourriez-vous d&eacute;finir votre travail po&eacute;tique?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Certains voit la po&eacute;sie comme un texte litt&eacute;raire. C&rsquo;est un point de vue tr&egrave;s limit&eacute; sur ce qu&rsquo;est la po&eacute;sie. La po&eacute;sie est en toute chose. Ma po&eacute;sie, c&rsquo;est ce que j&rsquo;extrais de la vie. Et qu&rsquo;est-ce que la po&eacute;sie de la vie? La raison, s&rsquo;il y en a une, de l&rsquo;absence de raison de vivre. Voil&agrave; un niveau de compr&eacute;hension du terme. Vous pourrez trouver d&rsquo;autres niveaux dans le livre que je vais publier et dans lequel je commente certains de mes po&egrave;mes.&raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Une fois, vous avez mentionn&eacute; une femme qui s&rsquo;occupait des t&acirc;ches m&eacute;nag&egrave;res chez vous et qui vous a vol&eacute; une importante quantit&eacute; de po&egrave;mes. Votre m&eacute;moire a pu r&eacute;cup&eacute;rer certains de ces textes ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Oui, il s&rsquo;est agit d&rsquo;un vol. J&rsquo;ai pu retrouver une partie de ce qui avait &eacute;t&eacute; vol&eacute;: le sommeil a &eacute;t&eacute; un grand ami. Dans mes r&ecirc;ves j&rsquo;ai r&eacute;ussi &agrave; r&eacute;cup&eacute;rer quelques po&egrave;mes. Mais ils repr&eacute;sentent une tr&egrave;s petite proportion de ce qui a &eacute;t&eacute; perdu. De cette mani&egrave;re j&rsquo;ai r&eacute;cup&eacute;r&eacute; int&eacute;gralement &laquo; De cendre &raquo; (&laquo; De ceniza &raquo;) ; je regrettais beaucoup de l&rsquo;avoir perdu. Dans ce po&egrave;me j&rsquo;ai voulu exprimer que le fait de craindre pour la vie de l&rsquo;&ecirc;tre aim&eacute; est &agrave; peine moins terrible que le fait de le perdre. Pour moi, il n&rsquo;existe pas d&rsquo;autres temples que ceux que nous &eacute;difions gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;amour r&eacute;ciproque. Et, bien s&ucirc;r, ce sont des temples de pl&eacute;nitude. La carence de cet amour &ndash; aimer quelqu&rsquo;un qui m&rsquo;aime --c&rsquo;est ce qui, &agrave; mon avis, conduit &agrave; l&rsquo;&eacute;dification de temples qui ne contiennent que du vide. Avec mes parents j&rsquo;ai habit&eacute; ce temple divin d&rsquo;amour r&eacute;ciproque. La guerre venait d&rsquo;&eacute;clater en Europe; nous avions re&ccedil;u d&rsquo;horribles nouvelles du peu de famille qui nous restait l&agrave;-bas. Mon p&egrave;re est tomb&eacute; malade de d&eacute;sespoir. J&rsquo;ai vu l&rsquo;impuissance de ma m&egrave;re. Le thermom&egrave;tre indiquait qu&rsquo;il avait une temp&eacute;rature tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;e. J&rsquo;ai souffert l&rsquo;horreur de la possibilit&eacute; de la mort de mon p&egrave;re. J&rsquo;avais douze ans et quatre mois, mais la conscience n&rsquo;a pas d&rsquo;&acirc;ge, et mes externes yeux internes ont contempl&eacute; une autre guerre : celle de mon p&egrave;re, luttant contre le tout-puissant ennemi. Je voulais un po&egrave;me digne de mon p&egrave;re. Mon p&egrave;re s&rsquo;est remis. Je l&rsquo;ai eu pendant plusieurs ann&eacute;es &agrave; mes c&ocirc;t&eacute;s; je continue &agrave; l&rsquo;adorer. Mon temple invisible, &eacute;tait visible avant; maintenant il est seulement invisible. Les temples invisibles n&rsquo;ont pas besoin de dieux, parce qu&rsquo;ils sont des dieux. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Sur quoi travaillez-vous actuellement?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo;Ce sur quoi je travaille tout le temps: la po&eacute;sie. Actuellement, je me consacre &agrave; la derni&egrave;re relecture des deux volumes de <em>Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio)<\/em>. Seul le premier volume est sorti et il y en quatre. Les D&eacute;pouilles du Soleil (Los Despojos del Sol) sont compos&eacute;s de plusieurs volumes, et je travaille sur tous. Deux livres sont d&eacute;j&agrave; termin&eacute;s : <em>Dans un endroit du Sang (En un lugar de la Sangre)<\/em> et <em>Apog&eacute;e (Auge)<\/em>. J&rsquo;esp&egrave;re publier bient&ocirc;t <em>Le Matin Eternel (La Ma&ntilde;ana Eterna)<\/em>, le deuxi&egrave;me chapitre du livre pour lequel <em>Le Ciel dans la Fontaine (El Cielo en la Fuente)<\/em> constitue le premier, et j&rsquo;esp&egrave;re terminer cette ann&eacute;e les commentaires du <em>Ciel dans la Fontaine<\/em>. Ensuite, je vais me consacrer &agrave; la relecture de <em>Pays au del&agrave; (Pa&iacute;s M&aacute;s All&aacute;)<\/em> et d&rsquo;un autre ouvrage tr&egrave;s long. Une s&eacute;lection de mes po&egrave;mes avec mes commentaires est presque pr&ecirc;te &eacute;galement. Avec ces commentaires je veux aider &agrave; la compr&eacute;hension de l&rsquo;essence de mon &oelig;uvre: les causes et les effets d&rsquo;exister: le secret du pourquoi je suis et du pourquoi je suis ici : parce que je suis ici pour &ecirc;tre! Aider &agrave; la compr&eacute;hension de certains po&egrave;mes, aidera &ndash; je l&rsquo;esp&egrave;re &ndash; &agrave; la compr&eacute;hension de tous mes po&egrave;mes, qui constituent [dans leur totalit&eacute;] un Livre. Lire un v&eacute;ritable auteur exige de le lire int&eacute;gralement, comme un seul livre.&raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Pourquoi ajouter des commentaires aux po&egrave;mes? Vous parlez d&rsquo;&laquo;aider &agrave; la compr&eacute;hension &raquo; ? Croyez-vous que votre monde po&eacute;tique est difficile d&rsquo;acc&egrave;s ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo;Vous pouvez lire en quelques jours et tranquillement la <em>Divine Com&eacute;die<\/em> de Dante; mais si vous voulez la lire vraiment, vous devrez avoir recours &agrave; certaines informations, et il n&rsquo;y a pas de vie suffisante pour lire une bibliographie s&eacute;rieuse sur Dante, et m&ecirc;me ainsi, plusieurs points demeurent obscurs. C&rsquo;est dommage que Dante n&rsquo;ait pas fait de commentaires. Si vous pensez &agrave; <em>Adolphe<\/em> ou &agrave; la <em>Montagne magique<\/em> ou aux po&egrave;mes de Baudelaire, qu&rsquo;est-ce qui a r&eacute;ellement de la valeur dans ces &oelig;uvres ? La valeur d&rsquo;une &oelig;uvre se trouve dans ce qui nous offre la connaissance intemporelle: la plus grande pr&eacute;cision de l&rsquo;exp&eacute;rience individuelle. Si elle ne nous offre pas cela, elle nous offre tr&egrave;s peu ou rien. Il n&rsquo;est pas question du fait que mon &oelig;uvre soit difficile d&rsquo;acc&egrave;s. Les commentaires, lorsqu&rsquo;ils sont s&eacute;rieux, aident &agrave; p&eacute;n&eacute;trer dans la connaissance de l&rsquo;essence de l&rsquo;&oelig;uvre. Les livres qui m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre lus exigent des &eacute;claircissements.&raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Dans ce travail de commenter votre &oelig;uvre il y a aussi un travail de r&eacute;&eacute;criture. La po&eacute;sie constitue &eacute;galement un constant travail de correction ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; L&rsquo;&eacute;criture m&rsquo;a toujours demand&eacute; beaucoup de temps: ce n&rsquo;est pas un travail facile et je crois que, lorsqu&rsquo;il est facile, il n&rsquo;en vaut pas la peine. Il est merveilleux, dans toute activit&eacute; de la vie, d&rsquo;avoir la possibilit&eacute; de parfaire. Souvent, dans la vie de tous les jours malheureusement nous ne pouvons pas revenir sur une situation, sinon un &eacute;chec aurait pu ne pas l&rsquo;&ecirc;tre. Les circonstances de la vie ne permettent que rarement le perfectionnement. L&rsquo;art a cette possibilit&eacute; l&agrave;. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Je sais que vous avez &eacute;tudi&eacute; longtemps la musique comme un compl&eacute;ment de la po&eacute;sie.<\/strong><\/p>\r\n<p>Non, je n&rsquo;ai pas &eacute;tudi&eacute; la musique pour suppl&eacute;er &agrave; la po&eacute;sie. J&rsquo;ai &eacute;tudi&eacute; la musique pour la po&eacute;sie et pour la musique. J&rsquo;ai eu des ma&icirc;tres merveilleux : ma m&egrave;re, qui m&rsquo;a appris la musique depuis l&rsquo;&acirc;ge deux ans, et plus tard, Olga Cifuentes et Roberto Duncker pour le piano. En harmonie, contrepoint et composition, j&rsquo;ai suivi les cours de Pedro Humberto Allende, le plus grand compositeur de l&rsquo;Am&eacute;rique du Sud, &agrave; mon sens. J&rsquo;ai d&eacute;j&agrave; enregistr&eacute;, de mani&egrave;re priv&eacute;e, plus de cent disques de mon &oelig;uvre pour piano. Je veux que ce soit clair qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de nourrir la po&eacute;sie. La po&eacute;sie n&rsquo;est pas seulement un ph&eacute;nom&egrave;ne &eacute;crit, c&rsquo;est un ph&eacute;nom&egrave;ne oral. La po&eacute;sie et la musique sont des arts o&ugrave; le temps se transforme en espace, tout comme la peinture et la sculpture sont des arts o&ugrave; l&rsquo;espace se transforme en temps. On ne doit pas confondre le texte &eacute;crit ou la partition avec l&rsquo;ex&eacute;cution de l&rsquo;&oelig;uvre. La plupart de la musique que je connais, je l&rsquo;&eacute;coute avec la partition pour ne pas d&eacute;pendre de l&rsquo;interpr&egrave;te. Un po&egrave;me est une partition. Un sonnet et une sonate existent de fa&ccedil;on sonore. Comment comprendre une &oelig;uvre musicale sans l&rsquo;&eacute;couter? Comment comprendre un po&egrave;me sans l&rsquo;&eacute;couter? Il ne faut pas oublier que la plupart de la musique et la plupart de la po&eacute;sie ne sont ni po&eacute;sie ni musique. J&rsquo;ai &eacute;tudi&eacute; l&rsquo;anatomie, la botanique, &eacute;galement, et j&rsquo;ai assist&eacute; &agrave; des cours d&rsquo;astronomie comme auditeur libre; les math&eacute;matiques et la physique m&rsquo;ont profond&eacute;ment int&eacute;ress&eacute;. Mais ma po&eacute;sie est mon exp&eacute;rience. Faire n&rsquo;importe quelle chose correctement, qui produise un bienfait, qui offre plus que de la connaissance, qui soit &eacute;trang&egrave;re &agrave; la perversit&eacute;, faire quelque chose de bien, &ccedil;a, c&rsquo;est de l&rsquo;art pour moi.<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Lorsque vous avez quitt&eacute; le Chili dans les ann&eacute;es 70, si je suis bien inform&eacute;, vous &ecirc;tes parti aux Etats-Unis pour &eacute;tudier les sciences orientales.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; J&rsquo;ai re&ccedil;u la bourse de l&rsquo;Oriental Studies Foundation, mais cette fondation ne m&rsquo;a pas octroy&eacute; la bourse pour des &eacute;tudes orientales. C&rsquo;&eacute;tait une bourse sans aucune exigence de ce genre. Sous l&rsquo;auspice de cette fondation, dans les ann&eacute;es soixante-dix j&rsquo;ai donn&eacute; des conf&eacute;rences &agrave; New York et en Californie, sur ma po&eacute;sie et sur Juan de la Cruz, Juana In&eacute;s de la Cruz, Monet, Vermeer, Beethoven, Ravel, Alb&eacute;niz. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Aux Etats-Unis, avez-vous &eacute;t&eacute; en contact avec d&rsquo;autres &eacute;crivains chiliens, comme par exemple D&iacute;az-Casanueva, qui v&eacute;cut dans ce pays pendant quelques ann&eacute;es ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Non, je n&rsquo;ai pas contact&eacute; des &eacute;crivains chiliens ici. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Quelles sont les diff&eacute;rences entre le Chili que vous avez laiss&eacute; apr&egrave;s la chute d&rsquo;Allende, et le pays que vous avez pris comme lieu de r&eacute;sidence?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Pour moi les Etats-Unis sont un refuge dans lequel il m&rsquo;est possible de travailler avec tr&egrave;s peu de distractions. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Quelle est votre vision politique et sociale de votre pays?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Ecoutez, le monde est une maison. Si vous vous trouvez dans la chambre &agrave; coucher, mais qu&rsquo;il y a le feu dans le salon, me diriez-vous que vous vous sentez bien dans la chambre ? Rien ne se r&eacute;sout si tout va bien en Am&eacute;rique Latine et mal en Europe, ou si tout va bien en Afrique et mal en Asie. Si le monde entier ne va pas bien, le monde va mal. Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est de distinguer, par exemple, l&rsquo;Am&eacute;rique Latine de l&rsquo;Europe : une famille est une famille. Je ne peux pas dire que je vais bien, parce que moi je vais bien ; si d&rsquo;autres vont mal, je vais mal. Tant que toute la famille n&rsquo;est pas en ordre, je dirai que je me trouve dans de mauvaises conditions. Nous sommes sur une plan&egrave;te o&ugrave; il y a des &ecirc;tres humains, non pas des Chiliens, des Argentins, des Chinois, des Fran&ccedil;ais. Parler des Blancs, des Noirs, des Jaunes, des Anglo-Saxons, des Arabes, des Latino-am&eacute;ricains, des Juifs, c&rsquo;est artificiel. Ce qui est naturel c&rsquo;est que nous avons une t&ecirc;te, un tronc et des extr&eacute;mit&eacute;s. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Dans les ann&eacute;es 1976, 1977 et 1978, vous avez visit&eacute; Buenos Aires. Quel souvenir avez-vous de votre s&eacute;jour dans cette ville ?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Ma m&eacute;moire des Argentins a commenc&eacute; avec ma m&egrave;re, qui v&eacute;cut une partie de son enfance en Argentine. Elle avait de beaux souvenirs. Cela a embellit mon id&eacute;e de l&rsquo;Argentine. De plus, deux membres tr&egrave;s chers de ma famille &eacute;taient install&eacute;s l&agrave;-bas : ma tante Isabelle &agrave; Buenos Aires, et mon cousin Gregorio Bermann, le c&eacute;l&egrave;bre m&eacute;decin, &agrave; Cordoba. J&rsquo;ai failli habiter &agrave; Buenos Aires. J&rsquo;ai pens&eacute; que la personne qui pouvait m&rsquo;informer le mieux, pour savoir si Buenos Aires me convenait, c&rsquo;&eacute;tait Victoria Ocampo, la personnalit&eacute; argentine que je respectais le plus. Je suis all&eacute;e la voir. Elle &eacute;tait enthousiaste &agrave; la lecture du C<em>iel dans la Fontaine (El Cielo en la Fuente)<\/em>, que j&rsquo;ai &eacute;dit&eacute; plus tard &agrave; Buenos Aires en 1977. Elle m&rsquo;a dit: &lsquo;Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;endroit pour vous. Vous allez &eacute;veiller beaucoup de jalousie. Et l&rsquo;arme la plus puissante pour les envieux c&rsquo;est le silence. Quand vous publierez des livres, apportez-les &agrave; La Naci&oacute;n et vous verrez qu&rsquo;ils ne voudront rien publier de vous, pas un article, pas une critique, m&ecirc;me pas accuser r&eacute;ception de vos livres. Ecoutez-moi, parce que c&rsquo;est une vraie argentine qui vous parle.&rsquo; C&rsquo;est exactement ce qui a eu lieu. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>N&eacute;anmoins vous avez publi&eacute; &agrave; Buenos Aires en plus de <em>D&eacute;pouilles du Soleil, Ananda premi&egrave;re (Los Despojos del Sol, Ananda Primera)<\/em> en 1976, <em>D&eacute;pouilles du Soleil, Ananda seconde (Los Despojos del Sol, Ananda Segunda)<\/em> et m&ecirc;me une nouvelle <em>Edition de Cort&egrave;ge et Epinicie (Cortejo y Epinicio)<\/em>, en 1978.<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; Effectivement. J&rsquo;imagine qu&rsquo;il doit y avoir de nombreux exemplaires dans les biblioth&egrave;ques. Ces livres ont &eacute;t&eacute; publi&eacute;s, mais moi, apr&egrave;s avoir tent&eacute; d&rsquo;ouvrir quelques portes, que j&rsquo;ai trouv&eacute; ferm&eacute;es, je ne me suis plus occup&eacute; de cela. Durant ces ann&eacute;es-l&agrave; je travaillais sur plusieurs projets. Je suis int&eacute;ress&eacute; par la cr&eacute;ation litt&eacute;raire, non par le r&eacute;sultat dans le monde ext&eacute;rieur. J&rsquo;ai senti que Victoria Ocampo me disait avec honn&ecirc;tet&eacute; et d&eacute;licatesse ce qu&rsquo;elle consid&eacute;rait correct. Nous savons tous que les milieux litt&eacute;raires d&eacute;pendent beaucoup de &lsquo;groupuscules&rsquo;: des centres de pouvoir o&ugrave; les vedettes n&rsquo;acceptent pas de concurrence : l&rsquo;inhumain ph&eacute;nom&egrave;ne de vouloir tout, sans partager. Cette situation n&rsquo;est pas propre &agrave; Buenos Aires. Cela se produit dans tous les milieux, pas seulement dans les milieux litt&eacute;raires. Je dois vous dire que, par ailleurs, j&rsquo;ai trouv&eacute; &agrave; Buenos Aires des gens charmants, de bonne volont&eacute;. &raquo;<\/p>\r\n<p class=\"the-question\"><strong>Pour finir, sur quelles &oelig;uvres argentines mettriez-vous l&rsquo;accent?<\/strong><\/p>\r\n<p>&laquo; <em>Mart&iacute;n Fierro<\/em> et <em>La vuelta de Mart&iacute;n Fierro<\/em> ont beaucoup de force. Facundo et Recuerdos de la Provincia de Sarmiento sont deux des meilleurs livres en espagnol. Facundo n&rsquo;est pas uniquement le plus brillant des livres argentins : sa densit&eacute; est comparable &agrave; celle d&rsquo;Unamuno. Sarmiento, qu&rsquo;il &eacute;crive avec soin ou pas, est toujours plein de vie. Eugenio Cambaceres et Enrique Larreta sont deux auteurs argentins que, malgr&eacute; leurs faiblesses, je trouve puissants. Il y a tr&egrave;s longtemps que je n&rsquo;ai pas entendu parler de l&rsquo;extraordinaire Benito Lynch. &raquo;<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Buenos Aires, Argentine Juin 2002 Retir&eacute; de tout, loin du monde Entrevista par Lautaro Ortiz Descendant d&rsquo;une famille polonaise, Rosenmann-Taub a &eacute;t&eacute; une r&eacute;v&eacute;lation comme promesse litt&eacute;raire, lorsqu&rsquo;il a obtenu la r&eacute;compense bien m&eacute;rit&eacute;e du Prix Municipal de Santiago (1951) &agrave; seulement 24 ans. Au d&eacute;but de 1970 &ndash; lorsque &laquo; le Chili cessa d&rsquo;&ecirc;tre [&hellip;]","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1146,"menu_order":34,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"nf_dc_page":"","_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-253","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/253","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=253"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/253\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2087,"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/253\/revisions\/2087"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1146"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=253"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}