{"id":529,"date":"2015-02-15T23:16:22","date_gmt":"2015-02-16T07:16:22","guid":{"rendered":"http:\/\/dff-monolith.com\/?page_id=529"},"modified":"2015-08-10T14:58:06","modified_gmt":"2015-08-10T22:58:06","slug":"article24-cortejo-surcos","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/davidrosenmann-taub.com\/fr\/articles\/article24-cortejo-surcos\/","title":{"rendered":"La Po&eacute;sie de David Rosenmann-Taub dans Cortejo y Epinicio et dans Los Surcos Inundados, par Francis de Miomandre"},"content":{"rendered":"<p class=\"centered-quote\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/hommes.gif\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"21\" align=\"textTop\"><br \/>\r\n  Paris, 1951<\/p>\r\n<h1>La Po&eacute;sie de David Rosenmann-Taub dans<br \/>\r\n  Cortejo y Epinicio et dans Los Surcos Inundados<\/h1>\r\n<h2>par Francis de Miomandre<\/h2>\r\n<p style=\"text-align:center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/images\/books\/bar_rust.jpg\" alt=\"alt\" width=\"400\" height=\"2\"><\/p>\r\n<p>Il m'est r&eacute;cemment parvenu du Chili. <em>Los Surcos Inundados (Les Sillons inond&eacute;s)<\/em> et<em>Cortejo y Epinicio<\/em> (Cort&egrave;ge et Epinicie) par David Rosenmann-Taub. Ces deux livres sont d'une qualit&eacute; et d'un accent tout &agrave; fait exceptionnels, et je ne vois personne, m&ecirc;me chez nous, qui ose aborder l'expression po&eacute;tique avec une aussi d&eacute;chirante violence. La douleur de vivre, le d&eacute;sespoir et l'amertume de ses exp&eacute;riences quotidiennes, la mort, inspirent ligne &agrave; ligne ce lyrisme d&eacute;bordant d'ardeur et comme d'avance d&eacute;courag&eacute;.<\/p>\r\n<p>Il faudrait, pour compl&eacute;ter ce portrait trop sommaire, y noter la participation d'un humour et d'une fantaisie presque d&eacute;lirants. Il semble qu'ici la vie diurne est encore toute m&ecirc;l&eacute;e, toute impr&eacute;gn&eacute;e d'un cauchemar dont le po&egrave;te lui-m&ecirc;me ne sait pas tr&egrave;s bien si ce ne serait pas justement la vraie r&eacute;alit&eacute;, alors que l'existence normale, celle que vivent les autres et dont il se contentent, serait une illusion de leur optimisme obstin&eacute;. Elohis, que guettent les Morlochs... comme dans le terrible conte de Wells. L'amour seul, l'amour moitie tendresse et moitie sensualit&eacute;, ferait contre-poids &agrave; cette angoisse organique; mais cela ne dure que l'instant &eacute;blouissant de son extase, et l'on retombe aussit&ocirc;t dans l'effroyable obsession du &laquo;sarcasme&raquo;.<\/p>\r\n<p>Eh bien! telle est la magie de l'art (quand elle est conjugu&eacute;e avec celle de la sinc&eacute;rit&eacute;) que l'impression derni&egrave;re re&ccedil;ue d'une telle lecture est celle de la beaut&eacute;. M. David Rosenmann-Taub est un po&egrave;te authentique, vivant au milieu d'un monde dont chaque apparence et dou&eacute;e d'un sens symbolique, ce qui le fait, en quelque sorte malgr&eacute; lui, le fr&egrave;re de ses innombrables existences,depuis celle de la brebis jusqu'&agrave; celle du serpent. Po&eacute;sie engag&eacute;e. Ah! celle-l&agrave;, oui, je veux bien. Engag&eacute;e dans la peine de vivre, engag&eacute;e dans la solidarit&eacute; de la douleur... Ecoutez ce g&eacute;missement, ce r&acirc;le:<\/p>\r\n<p><em>.<\/em><em>...L'homme l&egrave;che la terre, et la terre retombe sur l'homme.<br \/>\r\n  L'homme p&eacute;n&egrave;tre la terre<br \/>\r\n  Et les pleurs de la terre mouillent le front de l'homme<\/em><\/p>\r\n<p class=\"half-centered\"><em>La terre avec son creux profond,<br \/>\r\n  lit de lumi&egrave;re,<br \/>\r\n  pr&eacute;pare le r&ecirc;ve.<br \/>\r\n  Il faut dormir le r&ecirc;ve de la terre.<br \/>\r\n  Il faut dormir.<br \/>\r\n  Dormir.<br \/>\r\n  Appuyer sur la terre<br \/>\r\n  un front calme.<br \/>\r\n  Presser avec ongle et bouche et soif<br \/>\r\n  la cascade sonore de la terre,<br \/>\r\n  sa turbulente bo&icirc;te<br \/>\r\n  navigant vers la paix.<\/em><\/p>\r\n<p><em>Comme un cri d'eau, le temps p&eacute;n&egrave;tre dans la terre d'os<br \/>\r\n  Il va vers le dormeur.<br \/>\r\n  Il lui demande si le r&ecirc;ve a le go&ucirc;t de la terre.<\/em><\/p>\r\n<p class=\"half-centered\"><em>Et le dormeur ne sait pas s'il doit dire<\/em><br \/>\r\n    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>\"Je veux\"<\/em><em><br \/>\r\n    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ou se taire...<\/em><br \/>\r\n    <em>[Cortejo y Epinicio<\/em>, premi&egrave;re &eacute;dition: Po&egrave;me LXVII.]<\/p>\r\n<p>Ce balancement entre l'acceptation &eacute;blouie et le refus plein d'horreur, n'est-ce point l'attitude m&ecirc;me du po&egrave;te et du mystique? Ce lyrisme d'agonie est tr&egrave;s pr&egrave;s de notre coeur.<\/p>\r\n<p>Am&egrave;re et d&eacute;chirante, la po&eacute;sie de M. David Rosenmann-Taub est en proie aujourd'hui &agrave; toutes les angoisses de l'avenir.<\/p>\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Paris, 1951 La Po&eacute;sie de David Rosenmann-Taub dans Cortejo y Epinicio et dans Los Surcos Inundados par Francis de Miomandre Il m&#8217;est r&eacute;cemment parvenu du Chili. Los Surcos Inundados (Les Sillons inond&eacute;s) etCortejo y Epinicio (Cort&egrave;ge et Epinicie) par David Rosenmann-Taub. 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